déménager sans souffrir raton reveur blog

« les animaux muent, les humains déménagent » disait Alberto Eiguer.

Parfois, il faut partir. C’est comme ça. Il n’y a pas le choix. Que ce soit pour quitter pour la première fois le domicile de ses parents. Faire un échange universitaire en Erasmus. Lancer une nouvelle colocation avec des amis. Il faut partir et c’est bien normal. Le déménagement est une caractéristique particulière de la vie des jeunes adultes. Partir ça fait mal. Mais ça fait aussi beaucoup de bien. La nomade que je suis vous donne ses bons conseils pour faire ses cartons en souffrant le moins possible.

J’ai déménagé hier. J’ai fais mes cartons, quitté mon loft et mes colocs et je suis rentrée chez mes parents. Je prends l’avion demain matin direction l’Indonésie. Et j’ai mal. Je sais que déménager sans souffrir n’est pas une mince affaire.

Déménager sans souffrir : trouver son moment de deuil

Depuis que j’ai 16 ans, j’ai passé du temps à vadrouiller toute seule de villes en villes, de pays en pays. Et souvent à déménager. Même pour l’espace de quelques semaines, quelques mois. A peine le temps de connaître les rues par coeur et de commencer à avoir ses petites habitudes. Et il faut déjà refaire son sac et repartir. Déménager, ça fait toujours un peu mal. Un serrement à la gorge, un ventre noué, des larmes aux yeux et une violente envie de pleurer en s’accrochant désespérément à quelque chose. C’est rentrer, la boule aux tripes en se disant qu’on allume cette lampe pour sans doute la dernière fois, qu’on pose son manteau sur ce portemanteau et qu’on ne le refera plus jamais. C’est se surprendre à s’accrocher à des détails. A s’émouvoir d’un rien. Sensation de flottement, comme si ce qu’on vivait n’était plus tout à fait réel. Le présent devient progressivement du passé et entre les deux, on se sent valdingué.

Déménager c’est faire le deuil de sa maison, faire le deuil d’une époque

Plus qu’un lieu, vous laissez aussi derrière vous des souvenirs. Combien de dîner avez-vous partagés autour de cette table ? De douches chaudes dans cette salle de bain ? Combien d’éclats de rires avez-vous entendus raisonner dans ce salon ? Un lieu n’est pas seulement une coquille vide, il est gorgé de tous les souvenirs que vous avez pu y vivre.

Soyez prévenus ratons nomades, vous passerez sans doutes par toutes les étapes du deuil. Le choc, le déni, la colère, la tristesse, la résignation, l’acceptation et la reconstruction. Vous traînerez des pieds pour faire vos cartons en vous disant que ça peut bien attendre plus tard. Vous aurez une douleur sourde le jour où votre propriétaire voudra en savoir plus sur l’organisation de l’état des lieux ou que vos colocataires commenceront à faire des entretiens pour vous remplacer. Vous serez immensément triste de vous dire que tout est fini et vous vous sentirez rejetés, oubliés. Puis, bon grès, mal grès, ça ira mieux. Et installé dans votre nouveau chez-vous, au bout de quelques temps, vous vous surprendrez à ne plus penser avec nostalgie à votre ancienne maison.

Je n’ai jamais dis que ce serait facile. J’ai dis que ce serait possible. Quelques astuces et conseils pour déménager sans souffrir

1. Prendre le temps de ne plus se sentir chez soi pour mieux partir

Cela va peut-être paraître très étrange, mais prenez le temps de ne plus vous sentir chez vous avant de partir. Vous pouvez par exemple décider de passer quelques nuits sur votre canapé, de squatter régulièrement chez des amis ou tout simplement, de ne pas être là. Plus vous aurez fait votre sac en avance et moins vous passerez de temps chez vous quelques semaines avant votre déménagement, plus la transition sera facile. Parce que vous aurez vécu des souvenirs ailleurs. Le simple fait d’avoir vos affaires dans une trousse de toilettes et non pas sur l’étagère de votre salle de bain vous permettront de rendre la vie nomade plus évidente.

2. Faire des tris progressifs et déménager sans souffrir

Vous savez que vous allez déménager dans un mois ? Commencez les cartons dès maintenant. Vous pouvez débuter par une liste de choses à ne pas oublier. Puis, sans commencer à faire votre sac, une liste précises des choses que vous comptez emmener. Dans une approche minimaliste, jetez tous les jours un objet dont vous ne vous êtes pas servi depuis plus d’un mois. Commencez doucement mais sûrement à faire le vide de façon progressive, de jours en jours.

3. Ecrire aux gens que vous aimez pourquoi vous les aimez

Parfois, la simple idée de faire une fête de départ peut vous sembler insurmontable. Ne vous forcez surtout pas. Soyez toujours à l’écoute de vous-même. Non, vous ne passerez pas pour un monstre si vous avez l’impression que cette dernière soirée tous ensemble vous fera plus de mal que de bien et que vous ne serez pas légitime à pleurer en public. Vous avez le droit de partir sans vous retourner, sans discours d’adieux. Et vous avez aussi le droit d’envoyer des lettres pleine d’amour que vos amis liront après votre départ.

4. Planifier l’avenir pour déménager sans souffrir

Restez occupés. Peut-être avez-vous déjà trouvé votre nouvelle maison. Peut-être allez-vous rester sur les routes un petit moment avant de vous poser. Quoiqu’il en soit, soyez positifs et tournez-vous vers l’avenir. Faites des projets. Essayez de commencer à rentrer en contact avec des gens qui vivront dans le même quartier/coin du monde que vous. Grâce aux réseaux sociaux, c’est tout à fait possible. Trouvez déjà des événements auxquels vous avez envie de participer. Rappelez-vous que vous avez plein de choses à faire et à vivre.

5. Prévenez que vous allez déménager

Si vous êtes étudiant freelance, envoyez un petit mot à vos clients pour dire que vous allez connaître une période de ralentissement. Accordez-vous une période « sans missions » d’au moins une semaine, le temps de prendre vos nouvelles marques.  Appelez toute la paperasse administrative, ligne téléphonique, banques et autres administrations lourdes de la vie d’adulte. Plus vous préviendrez, moins vous aurez à gérer des déconvenues.

6. S’adapter au changement, la clé pour déménager sans souffrir

Peu importe l’endroit où vous poserez vos bagages : ne comparez rien, dans la mesure du possible. Cela ne servirait qu’à vous rendre ronchon et nostalgique. Dites-vous que vous êtes un aventurier ou un extraterrestre qui découvre un nouvel environnement et qui soit s’adapter aux moeurs locales. Si vous avez l’imagination d’un enfant, cela peut vous êtes utile pour donner un autre angle à votre déménagement sans pester sur les différences que vous allez rencontrer.

 

Et vous ? Quelles sont vos meilleures astuces pour déménager sans souffrir ? Des idées à partager ? Laissez un commentaire !

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