raton reveur blog voyage étudiant digital nomade j'avais peur

C’est toujours difficile de faire des choix. Faire un choix. Le coeur tangue et balance. On a peur. On recule. On ferme les yeux. On laisse attendre. Laisse passer. Laisse couler.

Et pourtant, il n’y a rien de plus empouvoirant, de plus fort, de plus vrai que de faire un choix. Quand on le sent gronder dans ses tripes. Quand tout en soi meurt de peur et a tellement hâte en même temps. Quand on a l’impression que tout est possible et qu’on se sent si petit.

Cette année, j’ai fais des choix. Des choix qui m’ont fait flipper.

J’ai décidé d’aller étudier en Australie.

Puis à Montréal.

J’ai décidé de refuser des offres d’emplois alléchantes.

Et de tenter mes rêves, le tout pour le tout.

J’ai décidé de prendre le chemin de l’incertitude.

Et de sauter à cloche-pieds.

Et c’est dur. C’est dur de faire des choix. Je me souviens de mes moments de doutes, de froncements de sourcils, de « oui mais » et de phrases au conditionnel. Je me souviens des listes de pour et de contre à n’en plus finir, des heures au téléphone à exposer mon avis aux autres. Pas pour avoir leurs choix. Juste pour parler, pour déverser ce flot incessant de futurs possibles et abstraits. Et j’avais peur.

Je me souviens que j’avais peur.

 

J’avais peur en arrivant à Cikananga ma réserve perdue au fin fond de l’Indonésie, à me demander si j’étais prête à passer un mois dans les montagnes au milieu du rien. A récupérer et soigner les animaux issus du traffic illégal. A entrer toute seule dans cette voiture qui irait me chercher en sortant de l’aéoroport et dans laquelle je roulerai sept heures dans les montages, en m’enfonçant dans une jungle inconnue. Avec un chauffeur qui ne parle pas anglais et sans personne d’autres à tes côtés. Et si ça dérape ? Et si les choses se passent mal ? Au bout du monde et dans les bois…

J’avais peur d’aller à Kyoto.

De quitter Kuala Lumpur sur un coup de tête pour aller au Japon. Peur de l’hiver, peur du billet d’avion, peur de la culture différente, peur de faire une grosse folie sans queue ni tête. Peur des contrôles à l’aéroport qui m’ont gardé deux heures à fouiller tous mes bagages. Peur de ne pas réussir à arriver avant minuit à la fermeture de mon auberge de jeunesse. Peur d’être seule dans cet univers de voyage brouillon.

J’avais peur d’aller à Bali.

De m’exiler sur une île perdue pour apprendre à faire du surf. J’avais peur de ne pas avoir de plan de voyage, de vivre au jour le jour. Peur au fond d’avoir peut-être envie de rester là toujours, entre l’eau salée, le sable et le yoga tôt le matin. Une vie sans pression. Une vie sans ambition. Où les jours succèdent aux semaines et les semaines pourraient devenir des mois.

J’avais peur d’arriver en Australie.

Peur de ne pas aimer Melbourne. Peur de ne pas trouver de maison. Peur de ne pas me faire d’amis. Peur dans cette fac trop grande où je ne connaissais personne. Peur des soirées du surf club. Peur de tenter la relation amoureuse à distance, et passer beaucoup trop de weekends à l’aéroport pour retrouver un chouette gars à Sydney.

J’avais peur d’aller au Vietnam.

Peur de retrouver mes potes de Paris qui y étaient en échange universitaire. Peur que la vie nous ait changé. Peur d’Ho Chi Minh et des grandes villes pleines de pollution. Peur de reprendre son sac pour l’aventure en solitaire à Hanoi. Peur de se perdre à nouveau dans les montagnes, les jungles et les plages l’espace de quelques jours.

J’avais peur d’aller à Montréal.

Peur de recommencer à parler en français. Peur de partir étudier l’hypnothérapie. Peur de faire les mauvais choix. Peur de devoir se réinstaller ailleurs l’espace de quelques mois.

Peur de rentrer à Paris.

Peur de reprendre les cours. Peur d’entrer -enfin- en master. Peur de présenter le dossier de candidature de ma startup à des investisseurs. Peur de tenter l’aventure de l’entreprenariat des grandes personnes. Peur de devoir à nouveau retrouver un appart. Peur de retrouver les copains. Peur que ce ne soit plus pareil. Peur de trouver le bon stage de six mois. Peur de la dimension à donner à un avenir professionnel. Peur d’adopter un chien.

J’avais peur et j’ai toujours peur. Mais j’ai peur de la bonne peur. Celle qui fait bouillonner les trippes d’une adrénaline contenue. Parce que je sais que mes choix, absolument tous mes choix, m’ont amenés quelque part. Je ne regrette jamais rien de ce que je peux faire parce que j’en ai pleinement envie lorsque je le fais.

J’ai 21 ans. Je viens de passer l’année sur trois continents.

J’ai grandis, j’ai ris, j’ai pleuré, j’ai douté.

J’ai changé.

Je vis mes passions.

A 200%.

Et j’aime ce que je fais. Même quand j’ai peur.

Et toi tout raton ? Tu as peur de faire des choix parfois ? 

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