J’ai arrêté d’un coup, sans prévenir. Et je me suis sentie libérée d’un certains poids. Oh doux raton qui lit ces lignes, j’ai envie que tu gardes courage. J’ai peur d’être maladroite en te partageant mon expérience, ma naïveté, ma fraîcheur. Si tu es déprimé, ne lis pas. Je ne suis pas ici pour te donner des conseils ou des injonctions. Juste te raconter un bout d’histoire.

J’ai rarement vécu des cas de recherches d’emploi anxiogènes.

J’ai longtemps travaillée en tant que freelance et bizarrement, je n’ai jamais eu à faire de prospection client. Alors oui, peut-être que j’ai des petits moments d’angoisses, de doutes, mais j’ai toujours gardé l’intime conviction « il y aura toujours des clients », et il y en a toujours eu. Je ne sais pas si c’est de la chance, ou de la débrouillardise, ou du hasard. Mais j’ai toujours eu des clients en freelance et je ne me suis jamais inquiétée de ça outre mesure.

Non, par contre les recherches d’emploi m’ont déjà inquiétées

Les recherches de stage surtout.  J’ai fais un master de management numérique. J’ai dû faire un stage de six mois. Je revenais tout juste d’Australie, j’étais en transition à Montréal, en train de finir mes études d’hypnothérapie. Et je cherchais désespérément un stage, n’importe où. Mais pas à Paris. Alors j’ai remué ciel et terre. Et j’ai beaucoup souffert.

J’ai pleuré, j’ai tant pleuré.

De la lueur d’espoir de l’entreprise australienne avec qui j’avais gardé de bons contacts mais qui m’a dit au deuxième round d’entretien que « non, désolée, les dates ne vont pas coller ». J’ai pleuré, j’ai tant pleuré. Des vraies larmes de fin du monde. Parce que c’était la fin d’un monde qui s’écroulait. C’était ne pas avoir de renouvellement de visa pour retourner au pays des kangourous, c’était laisser là-bas un amoureux très amoureux et l’amour du sable. J’avais presque déjà complètement imaginé ma colocation à Sydney, je savais exactement dans quel coin de banlieue je voulais habiter, je savais le studio de yoga dans lequel je voulais continuer à pratiquer. La douche froide quoi.

J’ai eu mal. Mon ego a eu mal.

Le refus au deuxième round aussi, d’une entreprise que j’admirais énormément. Je suivais les fondateurs depuis plusieurs années sur Youtube. J’étais une sorte de fangirl. On m’avait projeté le stage à New York. J’étais prête à continuer le rêve américain, à y croire, des étoiles plein les yeux. Et en fait non. « Vous n’avez pas assez d’expérience en fait, on ne va pas avoir le temps pour vous former ». J’ai eu mal. Mon ego a eu mal. Tout à eu mal. C’était rude, rude, rude. Dans notre loft à Montréal, je me souviens avoir été recroquevillée sur le canapé à me noyer dans mes larmes et ma frustration alors que le coucher du soleil avait une teinte dorée. Il faisait chaud, moite, l’air d’été était inconfortable. On vivait dans un loft sous les toits, sans murs. Avec plein de plantes. Mais je crois qu’on était heureux. Merveilleusement heureux.

Il y a en a eu d’autres des refus.

Je me souviens qu’à un moment, je passais juste des entretiens « pour passer des entretiens ». Comme une forcenée. Partout sur la planète. J’étais toujours au téléphone pour passer des fichus entretiens, répondre à des fichues questions. Parfois pour des postes que je n’avais même pas envie d’accepter. Je me levais tous les jours à 6h du matin, et avant d’aller à mes cours d’hypnothérapie, je passais deux heures d’entretien. Blablabla. Blablablabla. Blablablablablabla. Parfois j’étais prise et je refusais le poste. Parfois je n’étais pas prise et ce n’était plus grave.

Je cherchais quelque chose sans savoir quoi.

Tu sais la belle affaire ? J’ai fais mon stage à Paris. Je n’avais absolument pas envie de rentrer dans ma ville chewing-gum, que j’aime sans aimer, qui me colle un peu trop à la peau. A Montréal, un énième matin, j’ai gardé le fil des entretiens et je me suis dit « Ok. Celui-là, on essaye à fond. » J’ai passé du temps à m’appliquer sur le cas d’études. J’ai préparé mon plus beau sourire et ma plus belle motivation au deuxième. Troisième. Quatrième round. J’ai été prise. J’ai été tellement, tellement heureuse. De travailler pour une entreprise prestigieuse, d’avoir réussi.

J’ai détesté mon stage. Du début à la fin.

C’était long et pénible, probablement pour tout le monde et surtout pour moi. J’ai détesté ce choix de vie. Et dans la foulée, plein de choses sont arrivées. J’ai rencontré mon chat, qui est décidément le meilleur compagnon de ma vie d’humain. J’ai plongé corps et âme dans le yoga pour supporter ma vie au bureau, sans savoir que ça allait devenir une passion merveilleuse. Je suis retombée amoureuse d’un jeune homme que j’aime toujours sincèrement, et probablement que ça n’aurait pas eu lieu si j’étais restée quelque part au bout du monde.

Alors quand deux ans plus tard, me revoilà à essayer de trouver un emploi, une part de moi sourit. Arrêter de s’inquiéter. Il y aura peut-être des déceptions. Des incompréhensions. Des joies. Des regrets. Mais tout arrivera pour une raison.

Back in the game. 

Musique musique

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