boucheries vandalisées militants vegan extremistes

J’étais partie pour écrire plein de choses. Genre, un nouvel article sur le consentement ou un résumé d’astuces pour lancer sa carrière d’étudiant freelance. Mais en ouvrant mon ordinateur, c’est autre chose qui m’a frappé de plein fouet. Les 6 boucheries genevoises caillassées par des militants véganes.

Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

Pour te la faire courte, depuis quelques semaines, des militants revendiqués antispecistes (aka, idéologie visant à supprimer la différence de traitement entre les espèces – aka, pourquoi t’aimes ton chien et pourquoi tu manges une vache) ont vandalisés des boucheries. Bien sûr, je te résume l’idéalogie antispé au maximum. Parce que dans la vraie vie, c’est plus long et plus complexe. Et je te recommande de te renseigner chez la Carotte Masquée par exemple.

Ce n’est pas la première fois que des véganes vandelisent des boucheries

Qu’on soit du milieu, ou pas, on en a peut-être déjà entendu parler. Tags à la sauvette ou jets de pierres. Quand ils ne sont pas tout simplement en train de faire des pieds et des mains dans les abattoirs, à empêcher les employés de travailler. A crier au meurtre en montrant des photos de bébés veaux. En se roulant sur le sol dans des marres de faux sangs. Les véganes sont des gens chiants.

Les militants extrémistes vegants* ils sont tous fous

Ils ne peuvent pas laisser les gens vivre leur vie comme tout le monde ? On ne les embête pas, on leur laisse le droit de manger du tofu dans leur coin. D’où ils viennent détruire le travail honnête d’un petit commerçant qui va avoir bien du mal à redresser sa boutique ? Dans quel monde ils vivent, les véganes ? Et l’argent, et les assurances, et les prêts à la banque, c’est pas sérieux ça peut-être ? Et les éleveurs qui doivent bien faire manger leurs familles, les employés d’abattoirs qui sont pas heureux de faire ce boulot mais c’est la crise pour tout le monde. Et le boucher, le commerçant de quartier. Merde. Ils sont peut-être sensibles à ne pas vouloir voir d’animaux morts, ok, j’entends. Mais de là à aller caillasser la vitrine d’un boucher, ce n’est pas une chose qui se fait. Ils ont pas honte ?

Des véganes extrémistes violents qui vivent en marge de la société

C’est ça, les véganes. C’est à force de ne manger que des carottes, ils finissent par péter un câble. Tu vois, ils sont violents. C’est les carences qui font ça. On devrait les empêcher.

 

*STP. Maman. Si tu lis ce message. Saches qu’on prononce VE-GA-NES. Quand tu dis végants, avec un « ant » à la fin, comme « éléphant » c’est juste, vraiment, vraiment, vraiment insultant. En tout cas, moi, ça me hérisse le poil.

Je suis végane et comme tous les véganes, parfois, j’ai envie de hurler.

J’ai envie de hurler que ce qui se passe n’est pas juste. J’ai envie de hurler pour tous les animaux qui ne peuvent pas parler. Je suis triste, fatiguée et désolée d’être végane.

Quand on parle de véganisme, on distingue souvent trois quatre grandes phases.

La phase de découverte.

Il y a des gens qui deviennent flexitariens pendant des années, ou végétariens, ou peu importe le nom qu’ils se donnent. Un jour, ils décident peut-être d’arrêter totalement le fromage. Et là, quelque chose se passe. On s’informe, on lit tout ce qu’on peut. De la dernière recette de saumon à base de carotte, au maquillage cruelty free. On découvre et on a envie de tout montrer aux autres. Parce que c’est un peu un nouveau mode de vie, ça change des schémas traditionnels.

La phase de dégoût.

On ne comprend pas pourquoi les autres ne comprennent pas. On refuse catégoriquement de manger un produit d’origine animal. On se prend la tête avec papa, maman et la tante Gertrude et son gigot d’agneau qu’on avait pourtant tellement aimé manger à Noël dernier. On prend la mouche pour un rien, on est vite piqué au vif. On se dépatouille et on s’emmêle dans de longs discours quand on essaye d’expliquer son véganisme. On a envie de hurler, de dire « tu me dégoutes, toi, ta souffrance et tes animaux morts »

La phase d’acceptation sociale.

On comprend qu’on ne peut pas aller s’isoler dans une grotte et que les véganes sont une minorité. Alors on se tait. On apprend à se construire une bonne carapace contre les piques. A force de faire des débats végé/omnis, on connaît tous les arguments par coeur. Que oui, la personne qui te parlera du cri de la carotte, ou du lion et de la gazelle ne fait que répéter un discours pré-construit. En permanence. Au quotidien. Dans une vraie boucle. A chaque fois qu’il est question de nourriture. Puis doucement, le monde s’articule autour de ce nouveau mode de vie. Papa, Maman et la Tante Gertrude cuisinent un premier plat au tofu. On ne dit plus rien quand il y a du jambon sur la table. Il y a un équilibre. Un pas des deux côtés.

La phase bienveillante.

On est végane depuis longtemps déjà. Plusieurs mois, plusieurs années. Ca s’inscrit doucement dans une identité. On a une petite bande d’amis qui partage les mêmes valeurs. On fait beaucoup d’entre-soi. On va tester des restos, flâner à la Veggie World. En vacances, on va parfois même au vegan surf camp et on recense les lieux de chez Happy Cow. Quand on rencontre un nouveau copain, une nouvelle copine, on le dit clairement  » Au fait. Je suis végane. » et c’est comme ça. Au goûter au bureau, on prépare des muffins sans lait ni oeufs. Les collègues sont habitués. Ils disent « Ah mais toi, t’es un.e végane gentil.le, on peut avoir une conversation, hein. Moi je pourrai pas arrêter la viande, mais je respecte ton point de vue. Hein. Ils sont bons, au fait, tes muffins. Moi j’ai fais un cake au jambon. Mais sans gluten. »

La phase où on caillasse des boucheries.

Comment on en arrive là ? Comment on en arrive à se lever un matin et se dire que c’est plus possible, qu’on va aller caillasser des boucheries, s’attacher à des camions dans des abattoirs, se rouler nus dans des marres de faux sangs ?

Bah j’en sais rien. 

Je crois commencer tout doucement à comprendre, à toucher le problème du doigt. Je n’y suis pas encore. Je ne jugerai personne sur la façon de faire du militantisme. Comme le dit ma copine blogueuse Ma Nébuleuse, pas facile, souvent, de s’y retrouver, c’est un chemin personnel. Si tu veux te promener dans la rue avec un pancarte « Meat is murder », si tu veux montrer des vidéos d’abattoirs dans le métro avec un masque d’anonymous, si tu veux faire des ateliers cuisines véganes et filer des nouvelles recettes aux gens, si tu veux parler de la santé, de l’écologie, de tout ce que tu veux. Tu milites comme tu veux. T’es même pas obligé de militer, en fait.

A la fin, il y a toujours le même problème : les animaux qui meurent.

Alors oui. Il y a le moment où il y a l’envie et le besoin de pousser la lutte plus loin. Il y a le moment où il faut montrer qu’on veut un changement, un vrai et pas juste une acceptation consensuelle. Que ce qui se passe n’est pas acceptable.

Le mouvement végane peut être bienveillant. Mais il n’est pas intrinsèquement lié à la bienveillance. Il vise avant tout l’abolition du spécisme. Tous les combats, toutes les luttes ne se sont pas faites à coup de gens bien pensants dans leurs coins qui se regroupaient pour manger des pâquerettes. Il y a eu du sang. Et des larmes.

Il y a déjà du sang. Et des larmes.

Il serait peut-être temps de les voir des deux côtés aussi.

Je ne dis pas que j’approuve la manière d’agir des véganes qui caillassent des boucheries. Je dis que je comprends. C’est différent. Au fond, je pense que ce qu’on veut tous, c’est de trouver des solutions.

Comme tu es un être bienveillant, tu es, of course, invité à t’exprimer de façon bienveillante en commentaire. Ecris ton message. Lis-le deux minutes après. Respire un coup. Poste.

Si tu te considères comme un végane militant antispéciste, ça me ferait plaisir de parler avec toi pour échanger sur ton point de vue ou que tu me donnes des ressources en commentaire. Tu peux m’écrire à ratonreveurblog@gmail.com

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