Tous les quatre matins, j’ai l’impression que je me réveille avec l’impulsion d’écrire de l’article utile sur ce blog. Genre je sais pas, des recettes de cuisine, des tests de produits bio, des longues tirades sur les accouchements physiologiques ou la self help. Et en fait, non. Je ne viens ici que lorsque ça va pas vraiment.

Genre comme une ado sur son Skyblog.

Je me fais de la peine à écrire. Et pourtant, c’est ridicule, c’est cathartique ces quelques mots laissés sur internet.

I want someone to remind me to wear sunscreen. And take my vitamins when it slips my mind

En ce moment, ça va pas trop. J’en parle assez facilement, c’est déprimant. Je ne comprends pas moi même pourquoi ça ne va pas. Parce que sur le papier tout va bien : la nouvelle maison, si grande si belle. Le boulot prospère. Et le sourire de ouf sur les réseaux. Tout va vraiment bien. Le Covid ne m’a spécialement touché ni moi ni mes proches. J’ai continué à beaucoup sortir, à faire des grosses soirées entre potes, à vivre des romances passionnelles, à gagner un salaire confortable. J’ai déménagé à l’étranger avant le couvre-feu à 18h. Je fais des formations stimulantes, passionnantes. J’ai un noyau d’amies solides sur qui compter. Et un amoureux comme je n’ai jamais été amoureuse avant.

Tout va bien tu vois.

But I’m stubborn. Selfish. Easily jealous at times. 

Mais je ne comprends pas ce qui se passe. Il y a les nuits entières où je me réveille d’un cauchemar et où je vais me coucher sur le carrelage de la cuisine pour pleurer. Il y a les matins où je cours dans les bois et où je hurle en même temps sans savoir pourquoi. Il y a les moments où je bug, complètement freezée à pleurer pour rien en continu. Où je ne suis ni ici, ni là bas. Je ne sais pas où je suis dans ces moments là.

C’est douloureux. Je ne sais pas ce qui se passe à l’intérieur de moi.

Il y a les disputes dans lesquelles je glisse, comme une adolescente. Les cris, les pleurs, les trucs qui se lancent et le contenu des théières versé à la figure. C’est comme si le temps s’arrêtait pour toujours, trempé sur le parquet. Comme s’il n’y avait plus rien à entendre dans les « je suis désolé.e »

I want someone who can ground me when I’m to high. And light up the dark side of my head. 

J’ai peur.

Je n’arrive pas à savoir si j’ai peur de moi ou si j’ai peur de nous. Si c’est un petit mélange des deux. Je n’arrive pas à vraiment savoir comment me rassurer au fond. J’ai la sensation désagréable d’être une enfant.

Ou plutôt une ado.

Moi, ce confinement a fait renaître en moi l’adolescente intérieure de mes années lycées. Cette nana que je pensais avoir oublié.

Je suis devenue la version parfaite de moi ado.

Celle qui est indépendante, fière, populaire. Celle qui est amoureuse, successful, aventureuse. Celle qui rit souvent et qui a le sourire qui pétille dans les yeux. Celle qui a de jolies choses. Celle qui se fait confiance. Et dans cette ado intérieure il y a un petit morceau de détresse qui scintille et qui cristallise.

Who listens when they’ve heard the story
And gives me enough space to breathe

C’est l’ado qui s’enfuie la nuit sans raison pour pleurer dans les aires de jeux pour enfants. Celle qui marche sur la jetée à l’aube avec un coupe-vent trop grand. C’est l’ado qui s’emmitoufle dans les bottes de foin et qui aimerait que le temps passe, s’arrête, l’écrase, que le futur n’existe plus jamais.

Je suis un peu cette ado là.

Je ne sais pas bien si ça te fais ça aussi parfois doux raton. Mais c’était pour te dire que t’es pas si seul avec ton ado intérieur.

I’m hard to love. And I just want someone to try. 

En écoutant Sunscreen de Ina Wolf

Notes : Baaah. Je sais qu’on peut pas conseiller des thérapeutes sur internet. Mais. Si un jour tu lis cet article et que tu cherches des praticiens chouettes à Paris et Bruxelles, envoie un mail avec objet « Sunscreen noms thérapeutes », je te filerai ma liste. En attendant, take care doux raton. Deep breath. Shoulders back. One step forward. 

Share: