Il m’a dit « J’ai été faire les courses à la Biocoop. J’en ai eu pour 109 euros ! Pour même pas 4 jours. J’ai rien compris. » et j’ai souris. Oui, ça fait tout beau, tout mignon de se mettre au bio. Mais ça fait aussi cher au porte-monnaie. En tout cas, c’est les souvenirs que j’en avais quand j’ai fais la transition à l’époque. Doux raton, je te donne mes astuces.

Avoir envie de se mettre au bio…Mais avoir mal au porte-monnaie !

J’ai été le genre de fille qui traquait les promotions dans les magasines de Picard. Celle qui va se plaindre en caisse avec son petit bout de papier en main pour expliquer que « Mais siiiii, les paquets de pain au chocolat surgelés sont à 40 centimes moins cher ce mois-ci. Regardez. Vous avez fait une erreur en caisse là. » Voilà. J’ai été cette petite meuf qui mentait sur les caisses automatiques des légumes pour payer moins cher ses poivrons en les faisant passer pour des clémentines. J’ai été cette étudiante fauchée qui faisait durer une pizza surgelée pendant 4 jours en la mangeant petit bout par petit bout.

J’ai été pauvre. Très proche de mes sous. Et très stressée par tout. Alors forcément, passer au bio n’a pas été une mince affaire.

Je me souviens de l’époque où j’avais envie de passer au 100% bio. J’étais végétarienne, je commençais tout doucement à avoir une conscience écologique. J’avais pas mal bossé dans des fermes. Et je revenais à Paris avec l’envie de contribuer à changer le monde. Pour la première fois de ma vie j’avais un petit CDI qui me permettait de payer mon loyer et un budget course qui me laissait respirer. J’étais libre. Libre de faire mes choix. Je voulais manger bio.

Le bio ça coûte cher !

Je faisais ma transition petit à petit. J’achetais bio 50% du temps. J’allais à Naturalia et je ne comprenais pas comment je dépensais autant d’argent pour si peu de choses. Ca me fendait le coeur. Comment acheter des champignons bio à 8 euros le kilo alors qu’à Carrefour, la petite barquette ne coûtait qu’1 euro ? C’était dur.

Je remercie mes colocs de l’époque qui étaient tous aussi dans une démarche d’engagement et prêts à faire des efforts. Je remercie les rencontres, les livres de cuisines, les précieux de conseils. Bref. Je t’explique comment t’en sortir si tu veux passer au 100% bio.

On ne peut pas acheter bio comme on achèterait en conventionnel

Voilà. C’est dit. Tu ne peux pas faire le même panier en bio que lorsque tu fais tes courses en non bio. Ou alors tu peux, mais ça coûte le triple. Tu ne peux pas attraper machinalement des produits et les passer en caisse. Il faut se préparer. Se préparer à consommer différemment (as-tu vraiment besoin de ces petits biscuits ou peux-tu les faire toi-même ?). A penser autrement et surtout arrêter de considérer le moment « courses » comme un parc d’attraction géant. On se laisse vite tenter à coup de « Oh je connais pas, si j’essayais ». Ca marche en conventionnel où un produit coûte généralement 2 euros. En bio, quand il te fait 5 balles et que tu te laisses tenter 5x ça fait déjà une petite somme.

FAIRE UNE LISTE

Voilà. Je l’écris en gros parce que ça change tout, absolument tout. Fais une liste précise de ce que tu veux acheter. Laisse-toi peut-être une marge de 5 euros d’extra de « produit à découvrir », mais fais une vraie liste et colle-toi y. Quand je fais les courses, j’adore flâner. Mais j’adore aussi suivre précisément ce que j’ai sur ma liste. Comme ça ne j’ai pas l’impression d’avoir fais des courses « on verra » et de payer beaucoup trop cher pour ne pas savoir quoi cuisiner sur la semaine. Je flâne. Et si un produit hors liste me plaît, je le note sur la liste de la semaine prochaine.

Fais le tri dans tes placards

Mes parents que j’aime sont du genre à avoir six paquets de pâtes dans leurs placards et à toujours racheter des pâtes à chaque fois qu’ils font les courses. Le stock ne s’écoule jamais. Mais en vrai, ils achètent toujours « quelque chose en trop ». Je fais partie de ceux qui aiment racheter du sucre quand le pot de sucre est vide. Et improviser. Quand il n’y a plus, il n’y a plus. Et on fait autre chose. Mais on ne stock pas. Ca me permet de rouler et d’avoir toujours un budget course lisse. Qui ne s’est jamais rendu compte qu’il avait de quoi tenir une semaine de disette dans son congélateur ?

Prépare. Tes. Menus.

Ah je sais ! C’est difficile, difficile. Mais c’est vrai qu’on gagne du temps et de l’argent en préparant ses menus à l’avance. C’est un fait. Au début, on a l’impression que c’est relou « Mais je ne suis pas liiiiiiibre ». En fait si. Tu l’es bien plus. Et tu te rends compte que certains ingrédients vont te servir pour plusieurs recettes. Tu peux utiliser du lait de coco dans une soupe, dans un curry et dans un dessert. Alors peut-être que tu n’as pas besoin d’acheter toute cette sauce tomate – d’abord je suis sûre que tu en as déjà qui traîne dans tes placards. Ensuite, à priori, les plats que tu vas cuisiner vont plutôt tourner autour du lait de coco.

Fais une liste des basiques.

Il y a des basiques sans lesquels la cuisine ne peut pas fonctionner. La farine. Le sucre. La sauce tomate. La sauce de soja. Le riz. La semoule. Et autre selon tes goûts (moi j’assume difficilement une semaine sans levure de bière). Tout le reste est variable et malléable. Tant que tu as des basiques au fond de tes placards, tu peux tout faire.

Achète la version « raw »

As-tu réellement besoin d’une « sauce tomate cuisinée à l’oignon et au basilic » alors que chez toi tu as de la sauce tomate, de l’oignon et du basilic ? As-tu besoin de pois chiche en boîte alors que tu peux faire cuire la version sèche qui coûte 3x moins chère ? As-tu besoin de pâtes quand en fait c’est juste de la farine et de l’eau (ok, ok, j’entends que tout le monde ne veuille pas faire ses pâtes). J’ai passé un an en grosse warrior du zéro déchet à n’avoir 0 plastique dans ma cuisine. Au terme de cette expérience, je peux t’assurer que les 3/4 des choses en magasin peuvent se faire maison et que ça coûte moins cher. Mes exceptions sont : le tofu (c’est long à faire et peu rentable) et la margarine (idem ce n’est pas le plus rentable à faire maison). Tout le reste se fait maison. La sauce tomate, les sauces cuisinées en règle générale, les conserves, les yaourts. TOUT. Souvent, je prends un produit, je regarde l’étiquette et si j’ai tous les ingrédients pour le faire à la maison bah…je le fais à la maison. C’est tout.

Alors oui, je sais, ça demande plus de temps en cuisine. Oui, c’est des efforts, c’est de l’organisation. Mais c’est possible.

En toute transparence :

A 16 ans, jeune étudiante fauchée je faisais mes courses en conventionnel pour 15 euros par semaine en alternant Picard (les jours de fastes, bénies soient le souvenir de leurs promos du dimanche) et Carrefour.

A 19 ans, jeune fille plus à l’aise, j’ai longtemps tournée avec un max de 25 euros par semaine en faisant mes courses chez Carrefour Bio.

A 23 ans, today, en tant que petite femme fort habituée aux listes (Dieu merci, je ne traque plus les promos chez Picard) je mange pour 25 à 30 euros par semaine en faisant mes courses à La Louve, le supermarché collaboratif de Paris. Et un panier de légumes à l’AMAP (qui m’a coûté 600 euros l’année pour 4kg de légumes toutes les semaines.)

Et pour la première fois depuis des années, j’invite du monde à manger à la maison sans que ce ne soit une source de stress. J’ai un chat. Je grince à peine des dents quand mon amour de M.Raton vient à la maison et pille mes réserves de nourriture. Parce que je me sens bien. Alignée dans mon budget et dans mon rapport à la nourriture. Je me dis que ça va, je sais gérer.

Alors oui, je suis passée au 100% bio mais je suis devenue végane, alors ça compense peut-être. Oui, j’ai les prix parisiens mais je suis dans des circuits alternatifs avec la Louve et l’AMAP alors ça joue sûrement. Mais bref. C’était mon histoire. J’espère qu’elle pourra t’inspirer.

Je t’aime. C’est beau ce que tu fais. La planète te dis merci.

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