Un an de toi, un an de nous.

J’ai scrollé dans les mémoires de nos vieilles conversations sur Messenger. Et je me suis souvenue de tout.

Toi, moi, nous, c’est une longue histoire finalement. Avant cette année d’amour à deux, il y a eu les trois autres d’avant. Trois ans de confidence de minuit, trois ans d’hésitation, de rendez-vous, de lapins, de restos réservés, de secrets murmurés du bout des lèvres.

Avons-nous toujours su que nous avions quelque chose à vivre ensemble ?

Oui. Au fond, je pense qu’on a pas arrêté de se le dire. De trouver des bons moments, des mauvais, des excuses. Des frayeurs. Je n’étais pas prête, je n’ai jamais été prête. Plonger dans toi, plonger dans nous ça sonnait comme sauter du haut d’une falaise. Sans savoir qui vous rattrape à la fin.

Trois ans de rêveries. De oui mais non. De peut-être. Trois ans de passions, de désirs réfrénés, d’esquisses de baisers. Trois ans de longs silences. Et d’heures passées au téléphone.

Hum
Inside my heart a little while
Come closer with the honey of your song
Your dance is a code is a pathway to what’s given
I am learning how to listen

Quand je me relis dans mes mots d’ado, je lis entre les lignes les débats qui nous animent encore aujourd’hui. Nos différences. Nos goûts d’enfances. Tout était peut-être déjà écris.

La chaleur de tes bras était déjà écrite dans nos passés. Ce cocon soyeux. Tes qualités et tes défauts étaient déjà révéles. Les miens aussi. C’était comme se connaître sans oser. Mots après mots, une intimité précieuse et muette.

Comment avons-nous fait pour vivre loin de ce désir ?

Comment avons-nous désespérément lutés à s’en écorcher les genoux ? Comment nous sommes-nous fait mal comme les passions de chevreuils qui courent dans les plaines les soirs de crépuscules ? Comment sommes-nous toujours revenus l’un à l’autre ? Comment avons-nous fait pour être si proches, sans jamais se toucher. Funambules. Equilibristes. Dévorés de désir et pourtant si prudents.

Hum
Inside my heart a little while
From you comes the honey of my song
Tender to the tendrils blooming color taste and longing for
You who kiss the petals of my reach

Je me souviens de tout je crois. Ces petits détails qui ne ressemblent à rien. Je me souviens de la première nuit où tu m’as raccompagné dans ma chambre d’étudiante. De celle où tu as séché mes larmes de biche brisée au corps violé. Je me souviens du premier restaurant si proches et si lointains. Je me souviens de la première rue où j’ai pris ta main. Et prendre ta main, c’était déjà prendre un morceau de monde qui s’écroulait. Je me souviens de tout. Je me souviens du son de ta voix à l’oreille. Je me souviens de tes lèvres dans mon cou. Je me souviens de tes mains sur mes hanches. Je me souviens des taxis de minuit. Je me souviens de tes yeux qui disaient « Fais moi confiance » et de mon coeur en détresse qui répondait « Je ne sais pas. Pars. »

So we give our voices
So we give our voices to the ones who’ve left us
So we give our voices
To the ones who cry in silence 

Je me souviens de toutes les nuits où tu es rentré chez toi. Je me souviens de toutes les fois où on aurait pu se consommer sans le faire. Je me souviens de ton écoute, au bout du monde. Dans les rues de Montréal. Sur les routes de Melbourne. A l’aéroport de Jakarta.

Je me souviens quand tu m’as dit  » Appelle-moi. A n’importe quelle heure. Je serai toujours là. »

Et que tu as toujours été là.

 

Je me souviens comme petit à petit tu as su reprendre la confiance de chat blessé que j’avais. Avec patience. En respectant mes distances. Comme tu m’as vu grandir. Guérir. Me reconstruire. Comme tu sais gérer encore les écarts de biche aux abois que j’ai parfois. Moins fréquents.

Tu m’as apprivoisé comme on apprivoise un renard sauvage.

Paumes ouvertes. Sans jamais rien tenter. C’est faire un pas. Reculer. Puis refaire un pas. Attendre et réessayer.

Et c’est beau.

Plus je relis nos mots, plus je réalise que tout était écrit. Tout était déjà là.

Ca a commencé avec un « holà ».

Hum
Inside my heart a little while

 

Musique inspirationelle de l’article : Hum, de Ayla Nereo 

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