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On pourrait penser que le titre est légèrement antinomique. Ne cherche-t-on pas à obtenir des missions quand on est freelance ? Refuser une occasion de travailler peut sembler étrange, non professionnel, vaniteux ou juste stupide. Au choix. Et pourtant, on s’aperçoit qu’il existe certaines occasions où refuser une mission est salutaire.

Avant-propos : quand refuser une mission ?

Vous pouvez TOUJOURS refuser une mission. Gardez cela en tête. Ce n’est pas parce que vous connaissez déjà votre client que vous devez accepter sa mission. Ce n’est pas parce qu’il vous a été recommandé par la meilleure amie de votre belle-mère que vous devez travailler pour lui. Ce n’est même pas parce qu’il a payé votre devis étant donné que vous pouvez toujours le rembourser si vous constatez que la mission se passe – ou va – mal. Si vous en êtes à lire cet article, c’est peut être parce que vous avez envie d’arrêter une mission en freelance. Ecoutez-vous. Vous êtes la seule personne a avoir vos propres réponses. Vous serez toujours plus pro de quitter ou refuser une mission en bonne et due forme plutôt que rendre un travail bâclé accouché dans la douleur.

Refuser une mission freelance parce que vous n’êtes pas assez bien payé

Quand on débute dans le freelancing, on a envie de faire du chiffre et on a très peur de la concurrence. Pourquoi le client vous choisirait vous et pas un autre parmi les centaines si ce n’est milliers de profils qui pourraient répondre à son annonce ? Alors pour maximiser toutes les chances de son côté, on a parfois tendance à accepter d’être sous-payé. Ce genre de problèmes touche souvent les débutants qui ne savent pas comment fixer leur prix en freelance.

Et certains clients en profitent. C’est ainsi que l’offre et la demande s’équilibrent et qu’on voit parfois des annonces qui détruisent le marché. La dernière en date venait d’une start-up demandant des rédactions d’articles de 500 mots optimisés SEO pour 4 euros. On comprendra que dans ces situations délicates, mieux vaut refuser la mission.

Comment refuser la mission ?

Si le client vous indique son prix – dès un premier entretien téléphonique ou après l’envoi de votre devis – et que ce dernier vous semble être beaucoup trop bas, n’hésitez pas à lui dire clairement. Soyez toujours polis dans vos échanges, même lorsque la proposition vous semble ridicule. Indiquez ainsi la moyenne de prix pratiqué sur le marché, le nombre d’heures que vous allez passer sur la mission. Au besoin, ajoutez que vous allez devoir payer des charges (commission de plateforme, URSSAF) pour remettre vos tarifs dans leur contexte.

Déclinez la mission et souhaitez lui bonne chance pour son projet

Refuser une mission freelance parce qu’elle ressemble à du salariat déguisé

Le client a l’air gentil. MAIS. Il vous demande de venir travailler à heures fixes. Dans ses bureaux. De ne pas avoir d’autres missions que la sienne. Et il fixe lui-même votre salaire. Attention, ce cas de figure ressemble très fortement à du salariat déguisé. En choisissant d’employer un freelance, l’entreprise paye beaucoup moins de charge qu’avec un salarié classique. On comprend ainsi que l’envie peut être grande pour certaines de cacher un travail de salarié sous couvert d’une mission de freelance.

Vous risquez quelque chose. De un, vous y perdez très sincèrement au change. La grande aventure du freelancing reposant sur votre liberté, se laisser entraver par un client unique réduit très largement votre champ d’action. De plus, en cas de contrôle de l’URSSAF, les sanctions peuvent être très sévères, pour l’entreprise comme pour vous. Vous risquez en effet de perdre vos allocations chômages si vous en touchiez en parallèle de votre statut de travailleur indépendant.

Comment refuser la mission ?

Soyez clair auprès de l’entreprise et rappelez-lui que les conditions de travail ressemblent très fortement à du salariat déguisé. La subordination est délimitée selon plusieurs critères : horaires et outils de travail fixes, exclusivité etc… Vous pouvez également jouer la carte de l’informatif en disant que l’employeur de salariat déguisé risque une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans et 45 000 euros d’amende.
Déclinez la proposition de travail et souhaitez lui bonne chance pour son projet.

Refuser une mission freelance parce que le sujet ne vous intéresse pas

Je pense qu’il s’agit de l’une des plus grosses erreurs que font les freelances qui veulent faire du chiffre : travailler sur des projets sans goût et sans passion. Peut-être que la signature du contrat peut sembler attractive. Voilà une belle rentrée d’argent qui vous permettra de satisfaire sans problèmes vos objectifs du mois. Oui mais. Réfléchissez. Avez-vous vraiment envie de vous lever le matin et de faire quelque chose qui ne vous plaît fondamentalement pas ? De vous dire que le projet sur lequel vous travaillez est de toute façon voué à l’échec et que le produit est bancal et ne sert à rien ? Que vous avez l’impression de perdre littéralement votre temps ?

Non. Vous n’en avez sûrement pas envie. Et quand bien même vous en aurez envie, vous constaterez très vite que vous ne serez pas efficace, pas impliqué et que votre travail ne sera pas d’aussi bonne qualité qu’à l’ordinaire. Vous avez l’opportunité merveilleuse de pouvoir choisir vos propres sujets de travail. Saisissez-la ! Il y a de nouvelles missions tous les jours, vous en trouverez forcément une qui vous intéressera !

Comment refuser la mission ?

J’ai déjà fait des études de marché sur des balles de golf et écrit des articles sur des chaudières. Ni l’un ni l’autre n’était fondamentalement intéressant. J’ai également dû rédiger une stratégie marketing pour du pâté de porc lors d’un projet scolaire. Et bien très sincèrement, si c’était à refaire, je ne referai pas. Ne faites absolument jamais un projet en désaccord avec vos valeurs si vous en avez le choix. Et tentez perpétuellement de travailler sur des sujets qui vous font vibrer. Vous pouvez expliquer calmement au client qu’il ne s’agit en fait pas de votre secteur d’activité et qu’il existe sans doutes des profils plus qualifiés qui se montreront plus investis pour cette mission.

Déclinez la proposition de travail et souhaitez lui bonne chance pour son projet.

Refuser une mission freelance parce que vous n’avez pas le temps

Je suis fervente partisane du fait que les journées peuvent faire beaucoup plus de 24h à condition de bien s’organiser, d’avoir un rythme sain, de faire de l’auto-hypnose, du yoga le matin et boire son thé vert en faisant le poirier en équilibre sur la tête. Mais soyez également réaliste avec vous même. Viennent des périodes où vous n’avez tout simplement pas le temps. Périodes d’examens et révisions, vacances déconnectées ou simplement mois déjà bien remplis avec des missions comme s’il en pleuvait. Or voilà que tombe une mission parfaite. Sympathique, bien payée, agréable.

Oui mais vous n’avez pas le temps. Et si vous avez passé votre seuil de productivité maximale par 24h, vous ne pourrez pas décemment accomplir cette mission. Vous risquez de vous sentir oppressé, surmené et peut-être de bâcler des projets pour tout finir dans les temps. Et vous n’avez absolument pas envie de faire ça. Savoir refuser une mission par manque de temps est réaliste et sage.

Comment refuser la mission ?

Soyez honnête et dites à votre client que votre planning est déjà bien rempli pour le moment mais que si la mission s’étale dans le temps, vous serez ravis de lui laisser une place pour le mois prochain / la semaine prochaine. C’est valable même si c’est vous qui postulez à une mission et que vous vous rendez compte lors du brief avant l’envoi de devis que la charge de travail est beaucoup plus importante que vous ne l’imaginiez. Ecoutez vous.

Déclinez la proposition de travail et souhaitez lui bonne chance pour son projet.

Arrêter une mission freelance parce que vous ne vous sentez pas à l’aise

Dernier point de la liste. Il existe des situations où on ne se sent viscéralement pas à l’aise dans une mission. Équipe un peu surmenée. Environnement de travail étrange. Stress contagieux. On vous parle des stratégies pour les mois à venir et vous n’avez qu’une seule envie : attendre la fin de votre projet et ne pas reconduire la mission. Ou vous vous apercevez que vous rendez du travail de mauvaise qualité, que vous n’êtes pas attentif au détail. Vous grimacez en voyant le nom du client sur votre agenda. Vous espérez maladroitement qu’il annule vos rendez-vous. Bref. Ce projet vous fait suer et vous vous demandez comment vous avez bien pu faire pour vous emmêler dedans.

Vous avez le DROIT d’arrêter. Vous pouvez décider de rembourser votre client et lui dire qu’en fait non. Que le sujet est délicat mais que vous pensez ne pas être la personne adaptée pour ce poste et que pour le bien-être du projet, vous préférez partir maintenant et laisser la place à quelqu’un d’autre.

Non ce n’est pas facile. Oui, c’est une décision mature. Le plus sage aurait été de ne pas commencer la mission. Mais il est trop tard pour parler au conditionnel. Agissez. Ne vous laissez pas travailler dans un environnement hostile et n’y perdez pas votre bonne énergie. Appelez votre client. Appelez-le vraiment ou rendez-vous à votre réunion hebdomadaire et abordez le problème rapidement. N’envoyez pas un mail, ce dernier pourrait être perçu comme trop impersonnel.

Soufflez un bon coup. Déclinez votre poste et souhaitez lui bonne chance pour son projet.

Pourquoi lui souhaiter bonne chance pour son projet ?

Parce que même si le client est maladroit, véreux, désagréable et j’en passe, il est humain. Il a un projet. Il y croit. Et que lui souhaiter bonne chance vous permet de finir votre message sur un ton positif. Soignez votre relation client, c’est la chose la plus importante que vous avez. Soyez enjoué, à l’écoute et bienveillant. Au travail comme dans la vraie vie, la gentillesse est sans doute une valeur clé à ne jamais oublier.

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