raton reveur blog j'ai arreté les sites de rencontre parce que

Tu sais, je soigne doucement mon coeur de chaton. J’ai oublié un morceau sur une plage d’Australie et depuis il est martelé par le bruit du ressac. Ca vient. Ca part. Ca vient.  Surtout, ça part.

Ca fait bizarre.

Traînasser doucement sur des sites de rencontres avec la paresse d’un chat de compagnie qui joue avec le cadavre d’un mulot mort. Il n’y a rien à  y faire. Rien à y voir. Et pourtant on y est sans bien savoir si  ça a le  goût de la flemme ou de l’habitude.

 

La musique de cet article

Ma Mome – Jean Ferrat

Elle m’a dit – Cali

Pourquoi j’ai arrêté de dater sur les sites de rencontres ?

Il y a quelques  années, j’ai décidé que les sites de rencontres, c’était fini. Comme après une indigestion de coups foireux et d’humains un peu chelous, de gars mal dans leurs peaux et de brancards à la Mère Thérèsa. De papas restés enfants et d’enfants qui ne grandissent pas. J’ai été la fille qui use et qui abuse des sites de rencontres. Une adolescente mi-téméraire, mi-naïve. Une collectionneuse de la relation amoureuse éclatée sur des parquets en vrac.

Ne pas choisir quelqu’un parce qu’il vous plaît. Le choisir parce qu’il a l’air moins plat que les autres.

Et un jour, je me suis rendue compte du piège. Sur un site de rencontre, souvent, tu choisis quelqu’un non pas parce que tu as envie de le choisir. Mais parce que par rapport aux autres, sur les rayons, il a l’air moins abîmé. C’est se  balader dans un supermarché low cost sous des néons blaffards après une apocalypse. Et tu choisis le seul paquet de céréale qui a l’air presque intact. Mais c’est pas ton parfum préféré.

C’est weird, les rencontres des sites de rencontres.

Je pense que je les ai toutes essayées. Se parler avant. Ou pas. Baiser tout de suite. Parler en baisant. Baiser sans parler. Se retrouver dans des  musées en racontant des banalités. Boire trop d’alcool. Envoyer des noms de codes aux noms d’oiseaux à des copines pour qu’elles fassent bipper le smartphone. S’enfuir. S’échapper. Rester. Attendre. Attendre, attendre quoi ?

Attendre d’une gêne un peu malaisante. Ce truc dans les  yeux qui dirait presque «  Hé. On s’est rencontrés pour faire une rencontre, nan ? Mais ça veut dire quoi une rencontre ? En vrai, tu veux quoi ? »

Et tu t’enlises bizarrement dans des relations étranges

Interchangeables. Uniques. Bizarres. Insolites. C’est comme avoir accès à toutes les chaînes de la télécommande. Ne  pas vouloir se poser. Ou arrêter de lutter pour chercher la bonne personne. Par lassitude. Par peur  d’être seule. C’est de l’amour au  goût de papier-mâché.

J’en ai versé, doux raton, des larmes sur les marches de l’Opéra Bastille. A hurler dans ma morve que non, jamais, jamais, jamais je ne partirai de ces relations qui ne me convenaient pas et où j’étais malheureuse par peur d’être seule. Par envie de vouloir sauver quelque chsoe. En se piétinant soi-même. J’étais comme endiguée dans ma propre frayeur.

Les rencontres de la vraie vie ?

Ressemblent à des fruits murs qui tombent d’un arbre sain. Sans prévenir et sans t’attendre. C’est comme si elles criaient « Monte dans le train ». En tout cas, moi, je  le vois comme ça. Des rencontres depuis, j’en ai fais moins. Mais elles ont chacune ressemblé à un éclat de pleine lune dans la mer. Avec une odeur d’évidence. Et c’est drôle et simple à la fois. De s’en remettre au destin. De se dire  » Il y avait donc tant de gens autour de moi. Pourquoi, comment, pourquoi, mon regard est-il tombé sur toi ?  »

Les rencontres de la vraie vie sont des ouragans. Elles bouleversent tout à contre courant. Sans reçus  photocopiés.

Elles te permettent de te reconnecter avec ton toi pour de vrai.  Avec des trippes, avec ton ventre. Avec cet élan du coeur soudain et spontanné qui hurle « Fais un pas. » et pas « Ne me laisse pas. » C’est se rencontrer sans rien attendre. Lâcher prise.

Prendre la route dans un van. Ou à bicyclette. Se rouler dans l’herbe aux matins d’été. Se blottir dans des saunas l’hiver. Faire des feux sur les plages. S’allonger dans des parcs en regardant les étoiles. Par delà les gratte-ciel. Rire beaucoup. Pleurer tout autant. Jouer de la musique sous la pluie. Sauter dans des flaques. Installer  des hamacs. S’égratiner les mains. Lire sur les toits dans les ronrons des villes. Ou à la chandelle dans les étables. Créer de petits royaumes. De petits souvenirs. Des cachettes d’enfants. Dire je t’aime en  peinture. Raconter les blessures d’âmes qui font qu’on est vivant. Echanger sans rien attendre, sans rien prendre. Etre prêt à se quitter à tout instant. Savourer ce bonheur que le hasard est été sur notre route.

Créer des adieux qui sont toujours des aux revoirs.

 

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