raton reveur écriture automatique

/Avant-propos/ 

Je suis un chat à fleur de peau. Voilà. C’est dit. Si j’essaye d’être quelqu’un de très positif la plupart du temps. Je dois aussi dire que je ne sais pas vraiment ce que j’ai. Je me prends souvent la tête pour a priori pas grand chose. De ce genre de moment où tu roules sous une table et que tu ne fais rien que pleurer. Comme pleurer en société, ça marche moyen, la plupart du temps je saisis ces moments pour écrire des tartines en écriture automatique. 

Ecriture automatique, ça veut dire écrire sans penser et sans regarder son clavier. Puis lire les mots après. Ca fait souvent des phrases cohérentes. Parfois étranges. 

J’ai beaucoup hésité à te les partager. Mais comme mon blog, c’est aussi chez moi et qu’à part faire des gâteaux et sauver le monde, j’ai aussi envie de te montrer mes craquelures. C’est là. 

Me juges pas. 

Ecriture automatique

Il a dit : “ Je suis désolée de compliquer les choses. Je ferai en sorte que les nuits en valent la peine.”

J’ai eu un grison dans le bas ventre. Puis un haut-le-coeur un peu. Et une soudaine envie de pleurer. Une de ces envies de pleurer qui te prennent sans prévenir, qui s’abattent comme un ouragan, une tempête d’émotion, un jour de pluie trempé jusqu’à l’os. Il a dit “Les nuits en vaudront la peine” et j’ai eu envie de hurler. De me planter les ongles dans le corps, dans la peau, de gronder comme un chat, de geindre d’agonie. J’ai eu envie de me laisser rouler sur le sol, épuisée, vidée. Si triste et si plate. Comme une outre trouée.

J’ai eu envie de me fondre dans la terre, d’être fourmi, grain, poussière. J’ai eu envie de trouver le contact rassurant de ce monde qui grouille sous nos pas. Là, tout bas. Tout bas. Et de me calmer. De ne plus pleurer. Comme un bébé qui chercherait la chaleur d’un sein. Comme un enfant blotti contre les siens.

J’ai eu envie de lui dire que c’est pas la nuit qui compte. Que la nuit, en fait, je m’en fous.

Que la nuit, on peut la vivre avec cent milles autres si on en a envie. Que si je t’aime bien toi, tu restes encore interchangeable. Que ton odeur, que ton corps, que tes mains, finalement je m’en fou. Ce n’est pas ça qui fait que je t’aime bien. Je vois tous ces corps, tous les jours. Nous ne sommes que corps. Et je les vois qui se fondent l’un dans l’autre dans un décor.

Ton corps. Mon corps. C’est quoi, finalement, à part une enveloppe ? Un écrin ? Tu penses que tu ne pourras jamais retrouver ça avec quelqu’un d’autre ? Tu penses que je ne pourrai jamais vivre ça avec quelqu’un d’autre ?

Et c’est la voix pleine de désarroi que j’aurai voulu te dire “ Ce n’est pas la nuit qui compte pour moi.” La nuit finalement, je m’en fous.

Je suis désolée. Je ne viendrai pas.

Et c’est affreux d’écrire ça et de se dire que peut-être tu ne peux pas partager ni comprendre. C’est affreux cette première désillusion dans la violence. C’est affreux cet éclat de vide à l’intérieur de soi. Entre nous. Cette première dissonance. Je ne sais pas comment te dire ça sans que tu le prennes mal, avec mes mots à moi, mes pleurs à moi. Je ne sais pas. J’aimerai faire l’autruche, ne rien dire, partir.

Et je sais que ce sera pire encore de rester sur des non dits. Des noms dits.

J’aimerai ne pas être une fille compliquée, ne pas t’envoyer de pavé.

Et je sais que pourtant il faut bien te répondre.

Je ne sais pas comment on avance à deux.

Je ne sais pas ce que je suis censée faire, ce que je suis censée te dire. J’ai le coeur en miettes et une tempête sous la tête. Ce n’est pas le coeur le problème. Ce n’est pas l’amour. Je ne t’aime pas vraiment, d’amour âme-soeur conceptuel. Je t’aime-adolescent. C’est ce mur, ce plafond de verre, c’est cette impression de détester mon corps au fond, de me dire qu’il est sac troué rongé par les rats. J’ai mal. Si tu savais comme j’ai mal et que je suis plaie ouverte. Si tu savais comme tu n’as PAS LE DROIT de me dire que les nuits en vaudront la peine. Je me fiche des nuits. Je me fiche des nuits comme d’une guigne. J’aimerai même que nous n’ayons aucune nuit. Que nous n’ayons jamais eu aucune nuit.

Comment peut-on être aussi près et à la fois aussi loin de soi ?

Je suis enfant qui tâtonne dans l’océan. J’ai promis de ne pas couler. Je me suis promis de ne pas couler. Tu n’as pas le droit d’essayer de me noyer. Tu n’as pas le droit d’essayer de dire que ces choses là ne sont pas importantes. Tu n’as pas le droit de ne pas essayer de comprendre.

Ou peut-être que si, tu l’as, ce droit. Et c’est ce qui fait que cela fait mal. Que ce monde dans ma tête n’appartiens finalement qu’à moi. Que cette détresse est incompréhensible. J’essaye d’être heureuse tu sais, j’essaye de me battre pour ce bonheur. Mais quand tu dis des choses comme ça, ça me renvois juste à mon propre vide. Mon néant. Ma douleur.

J’ai envie d’aller mieux. Je peux aller mieux. Je veux aller mieux. J’irai mieux.

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