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Vais-je ou non monétiser Raton Rêveur ?

Tout franchement doux raton, je me suis dit qu’il fallait bien que je t’écrives un article pour t’expliquer à un moment ou à un autre le ramdam dans ma tête. Comme dirait mon coloc qui m’a déclaré sur le ton de l’évidence alors que j’étais en train de grignoter des abricots secs dans notre loft montréalais à minuit « Mais si ça t’angoisse, pourquoi tu leur en parle pas franco cash ? »

La monétisation de blog est un sujet houleux. Dixit les débats de la blogosphère, entre les blogs qui sont d’une part totalement contre toute forme de monétisation et ceux qui aspirent désespérement au Graal : trouver une marque qui acceptera de leur faire faire un partenariat. Oh, et en parlant de monétisation, j’aime – non, j’adore – la réflexion d‘Itinera Magica sur le sujet. Les derniers paragraphes m’inspirent plutôt pas mal.

Donc ces derniers temps, si tu me vois moins écrire ici et ne plus poster de stories sur Insta, c’est parce que :

  • Je suis fatiguée.
  • Ma vie d’étudiante freelance digital nomade, aussi cool soit-elle a d’énormes moments de rush.
  • Ma formation intensive en hypnothérapie est intensive et me bouffe un peu l’esprit.
  • Changer de pays c’est cool, mais passer de l’Australie au Canada, c’est toute une étape d’acclimitation et de deuil relationnel.
  • Je suis fatiguée.
  • Je me prends la tête sur mon avenir professionnel à court terme dans mon master en webmarketing, parce que choisir c’est renoncer
  • Je me suis rendue compte qu’écrire un article de blog me prend environ 1h. Poster une story sur Insta une demie heure.

Ca n’a l’air de rien comme ça, mais entre les cours, le boulot, le yoga et les dix milles projets de ma vie – entre autre, finir de monter le guide des étudiants freelances et me lancer dans la rédaction d’un livre pour enfant – je me suis rendue compte qu’une heure et demie par jour, c’était ENORME.

Un jour, je t’écrirai un article pour t’expliquer comment je gère mon été en sommeil polyphasique, en dormant 5h par nuit. Une belle expérimentation sur mon corps, après avoir décidé de ne plus se laver avec du savon.

Et c’est là que les marques sont arrivées

Raton Rêveur, c’est mon bébé et j’en suis fière. Oui, MAIS, ce bébé commence doucement à être connu. Je rencontre parfois des gens dans la vraie vie qui me dise « Hé, mais tu es @Dreamingraccoon » – et dieu sait si ça m’a fait un choc la première fois qu’on m’a dit ça. Ou comme j’en parles un peu tout le temps parce que j’en suis fière, des marques m’écrivent des mails, dans ma boîte mail dédiée au blog – ou même dans ma boîte perso. Voir des journalistes et toutes mes apparitions dans la presse.

Dans tout ça, je suis paumée.

Tiraillée entre deux mondes.

D’un côté, une partie de moi dit  » Hééééé. On l’a fait. On a 1K sur Insta. On a été acceptée dans une agence de blogueuse – oh, oui, je t’ai pas dis, mais je fais partie de l’agence des blogueuses maintenant -. On me propose des réductions sur un peu tout et mon brave Raton Rêveur commence tout doux à peser dans le game. Mais quel pouvoir. »

De l’autre c’est :  » Panique. Panique. Panique. Je ne veux pas commencer à écrire du caca. NON je ne ferai pas de partenariat avec votre marque de bougie parfumée au caramel de fleurs de champs rustico-néo-chic-truc-muche. Oh bon sang, qui sont toutes ces nouvelles personnes sur mon Instagram ? Mais où est passé mon blog ? Respire. Ferme ton mac.  »

Bref. C’est pas facile.

Je ne te mentirais pas que monétiser un blog, ça a des avantages.

Quand j’étais au Vietnam au mois de juin, j’ai eu des tas de choses gratuitement et des traitements de faveurs grâce à mon blog. Aka, le tour de l’île de Catba en moto par couché de soleil, ce qui était un peu magique. Ou juste le pouvoir de râler un peu et dire « Je voulais justement écrire dessus sur mon blog » pour que quasi n’importe quelle situation se débloque en un tour de main. Ce qui est incroyablement pratique quand tu voyages en solo au tour du monde. On ne m’offre pas des trucs, mais globalement, les relations commerciales sont plus sympas.

J’ai eu une promotion sur mon assurance voyage quand je suis partie au Canada pour une mention de mon assureur dans un article de blog. Ok, c’était 15% de réduction. Mais c’était quelque chose d’assez gratifiant de pouvoir entrer en contact avec mon assurance « comme une grande blogueuse ».

 

Mais il faut trouver un vrai juste milieu

J’ai beaucoup réfléchi et trouvé légèrement injuste que des marques se servent de mes articles pour faire des publicités sponsorisées sur Facebook. Finalement, j’ai opté pour la méthode de publicité la moins invasive pour toi, pour moi, pour tout le monde.

J’ai maintenant le réflexe affiliation. J’ai envie de te parler d’un produit – tu me connais, je suis relativement minimaliste et je te parle rarement d’un truc « juste pour l’acheter » – je vérifie d’abord avec la marque si je peux avoir une affiliation. Ca veut dire que si tu achètes le produit parce que tu le trouves chouette, moi je touche un petit pourcentage de commission pour t’avoir permis de le découvrir. C’est ce que je trouve le plus pratique et éthique.

Evidemment, je ne vais pas me mettre à te faire des articles pour te parler de marques de draps ou de bouquets de fleurs – et des marques m’ont proposé ces partenariats, hein, véridique. Mes affiliations sont comme mon blog. Elles s’articulent autour de mes thématiques. Et je met un point d’honneur à ne le faire que pour des produits que j’aime vraiment vraiment fort et dont je t’aurai parlé de toute façon. Comme par exemple, Thinx les culottes spéciales règles que j’aime, N26 ma sexy banque de digital nomade, OMG yes, mon encyclopédie intéractive sur la masturbation féminine – ne.me.juge.pas. Parfois, c’est des articles entiers qui leurs sont dédiés quand j’ai du mal à tarir mon enthousiasme sur le projet. D’autres fois, c’est juste un petit lien qui fait du sens au détour d’un article.

Blogger, une passion ou un boulot ?

Vraie question que je me suis posée en voyant toutes ces bloggueuses comme Pauline de chez Un Invicible Eté ou Héloïse d’Easy Blush qui ont écrits des articles /fait des vidéos pour expliquer qu’elles partaient en vacances et qu’elles n’allaient plus blogger pour le mois d’Août.

Et moi qui en vient à t’écrire un billet pour m’excuser de ne plus faire de stories – mais diantre, quand me suis-je collée cette pression dans la tête ? C’est peut-être juste que j’aime écrire. J’aime t’écrire. J’aime tous les petits mots ultra choux que tu m’envoie et les liens que j’ai avec mes copines de la blogosphère.

Ado, j’étais admin d’un forum RPG qui me bouffait tout mon temps libre – si tu lis ces lignes et que tu reconnais Infans et Nulle Part, coucou c’est moi la fonda. La « vie virtuelle de l’écriture » sur internet a toujours été une composante de mon identité. Sauf qu’ici, sur Raton Rêveur, le sujet principal c’est moi. C’est ma vie. Mes expériences. Mes réflexions.

Alors oui, crénom, ça fait bizarre d’avoir des marques qui viennent essayer de monétiser tout ça. Et moi ça me fait bizarre de mettre de l’argent dans ce petit monde. Même si on parle de quelques euros, hein. Honnêtement, je ne vais pas arrêter ma carrière chérie d’étudiante freelance pour blogger à temps plein. Je gagne des pécadilles avec Raton Rêveur, je te le dis tout de suite. Je peux à peine m’acheter une petite culotte éthique.

Mon amour de blog et moi

Blogger c’est ma passion chronophage. Mon plaisir coupable.

Mes petits moments où avant de manger un plat je dis à mon coloc « Atteeeeend, la lumière est plus cool dans le jardin. Viens. Je sais qu’il fait 5°. C’est juste pour la photo. STP. » et où on éclate de rire.

Les soirs où je rencontre des créateurs de slow fashion en soirée et je dis « Mon dieu, j’aime tellement fort ce que tu fais. Je kifferai t’interviewer ce serait nice. » et où on crée de belles amitiés improvisées.

Les nuits où en rentrant sur mon vélo, je fais le point de ma journée et je pense « Oh, ça, ça m’a marqué, j’en parlerai bien sur Insta, dis, et je poserai ça comme question. » et où j’ai un regard plus poétique sur ma vie.

Les matins où je me réveille avec des notes vocales, des mails ou des messages sur Instagram tous plus adorables les uns que les autres. Où on parle, on débat, on devient amies. Et où c’est beau.

Blogger, je n’ai pas envie que ce soit la pression de la page Instagram parfaite, de l’article avec le titre qui donne envie d’être cliqué et les stats Google Analytics à la fin du mois. Nan.

Ca fait rire mes amis. Mais doux raton, toi qui me lis et même si on ne se connaît pas dans la vraie vie, je voulais te dire que je t’aime. Et que je suis heureuse de t’avoir rencontré. Même virtuellement.

On ne va pas casser tout ça pour des histoires d’argent.

Et toi mon doux chat, tu en dis quoi ?

 

 

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