raton reveur blog

 

Je me suis inspirée d’Affectueusement Vôtre et de son dernier petit d’humeur que j’ai trouvé très doux, très vrais, très sains. C’est toujours un peu étrange les articles mood sur un blog. La faute à la génération Skyblog qui nous a laissé en tête que les états d’âmes de blogueurs ressemblaient à des plaintes d’adolescent. Je pense que nous sommes encore et toujours de grands adolescents. Et qu’on n’écrit pas assez sur soi.

Ceci est donc une rétrospective de mon mois de septembre. Dans ses joies, ses peines, ses projets plus ou moins réussis. Souvent les gens que je croise disent que je suis « quelqu’un de rayonnant », « pleine de joie », « dynamique et gentille ». Ce n’est pas vrai. C’est un pur mensonge. Je ne sais pas si vous connaissez le théorème de l’imposteur. Une technique qui consiste à dire que même si vous n’êtes pas l’aise dans quelque chose, que vous vous sentez illégitime dans ce que vous faîtes et que vous avez l’impression de duper le monde entier il faut continuer. C’est à force de s’auto-persuader d’aller de l’avant qu’on avance vraiment et qu’on finit par faire des choses exceptionnelles.

J’essaye. C’est pas tous les jours facile. Mais j’essaye et je fais de mon mieux.

Toute la vie n’est que joie, larmes, amour et mort mêlée. La mienne n’est pas en reste.

Ce mois-ci j’ai pleuré.

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J’ai pleuré et je suis fière de mes larmes. Parce que je les ai trouvées propres et justifiées. J’ai pleuré, sans gros sanglots d’angoisse qui vous prennent à la gorge. J’ai pleuré sans rester terrée en boule dans un coin à attendre de me changer en pierre salée. J’ai pleuré dignement et efficacement.

J’étais le genre de fille qui pleure souvent. Sans savoir pourquoi. La tristesse me prenait certains jours et j’étais incapable de me regarder dans une glace ou de parler à quelqu’un. Je pouvais passer des heures la voix mouillée à essayer désespérément d’expliquer au téléphone à mes parents que j’allais mal, que j’étais un sac troué de tristesse abandonné sous la pluie et que je ne savais pas pourquoi, ni quoi faire pour m’en sortir.

Je ne sais toujours pas pourquoi je pleurais autant. C’est peut-être la faute à la pilule et ses dérèglement hormonaux. Mais ça va mieux depuis l’été et je n’ai pleuré que trois fois.

A l’aéroport en rentrant du Mexique après vingt bonnes heures à l’aéroport, crasseuse et épuisée, sans téléphone et sans argent. Mon appart fermé à clé et mes colocs injoignables. Repliée dans un café à attendre qu’une âme charitable me prête son portable pour joindre quelqu’un. Des sanglots fatigués d’enfant qui à sommeil et qui veut juste rentrer à la maison.
Chez moi au matin, quand mon crush du moment m’a dit que j’étais très belle, très gentille, très intéressante et tout ce qu’il faut. Mais que se voir juste une fois par mois, c’était bien. Des larmes nettes et fières de fille blessée et digne.

A la pause déjeuner, à l’école, en voyant une fille manger une cuisse de dinde après lui avoir parlé de Captain Flam le dindon câliné pendant ma journée porte ouverte au refuge GroinGroin. Des larmes cachées, retenues par à-coups, de la militante qui a l’impression de se battre à contre-courant au quotidien.

Ce mois-ci j’ai ris

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J’ai pleuré mais j’ai aussi beaucoup ris. J’ai essayé de saisir l’instant en plein vol. De me rouler dans la joie. De consoler, d’inspirer et de n’être que lumière vive et colorée. Je suis rentrée du Vegan Surf Camp, toute pleine de sable et d’eau salée. Gorgée d’après-midi passées à errer dans les forêts ou à dormir sur la plage. Le corps couvert du bleu des bonnes blessures. J’ai ris de découvrir la sensation de glisse d’une planche de surf ou d’un skate. De rencontrer des gens d’Europe qui partagent les mêmes valeurs et de planifier des prochains voyages en Allemagne et aux Pays-Bas.

J’ai ris de voir la démarche claudiquante des chèvres et leurs grands yeux jaunes. De caresser la peau rêche et intrigante des cochons vietnamiens.

J’ai ris de porter mes dernières robes d’été, de sortir ma veste en jean et mes chaussures fermées, mes shorts et mes collants, d’essayer de mélanger les styles et les vêtements, de lever les yeux au ciel devant les « conseils de mode » de ma petite sœur. De pique-niquer dans des parcs aux dernières lueurs estivales.

J’ai ris de faire des gaufres colorées, de faire bouillir du chou et d’obtenir du bleu, du rouge, du violet. De rencontrer des personnes exceptionnelles et incroyables qui sont inspirantes à leur façon. De se rendre compte qu’on a tous un peu l’impression de jouer au syndrome de l’imposteur. J’ai ris de me sentir plus belle que la première louve et de découvrir l’univers de l’effeuillage burlesque. Ni vulgaire, ni étrange. Juste une ambiance de cabaret caché, de rires et de froufrous. J’ai ris de me remettre doucement au sport, de réussir à gravir la grande montée du trajet du matin à vélo sans mettre le pied à terre, de me sentir à nouveau à l’aise avec mon corps de gamine de vingt ans modelé à mon goût.

J’ai ris de danser le soir à l’appart avec mon chat et ma nouvelle coloc, d’aller au cinéma indépendant sur un coup de tête, d’écouter les mêmes musiques en boucle dans une ambiance apaisante et bonne enfant qui sent bon le home sweet home.

J’ai ris de retrouver l’ambiance des soirées improvisées, qui finissent dans les bois avec des lumières fluo et du son qui s’infiltre dans vos oreilles en faisant n’importe quoi. Des brunchs du dimanche qui s’éternisent comme un chat qui s’étire. De cette vie jeune et fougueuse roulée dans la flemme.

Je me suis sentie bizarre

Il y a des moments où je n’ai pas bien su comment réagir.

Je me suis sentie bizarre de céder aux sirènes consuméristes et d’acheter un nouveau téléphone qui n’est pas un Fairphone, parce qu’ils étaient en rupture de stock jusqu’à janvier et que j’avais envie de quelque chose de neuf et performant.

Je me suis sentie bizarre d’avoir l’impression de ne pas suffisamment bien gérer en tant que freelance et de mal m’organiser dans mes projets. D’abandonner une mission pour la première fois parce que tout mon cœur me hurlait « Arrête et fuis ».

Je me suis sentie bizarre de me dire que plein de gens autour de moi réussissaient à être engagés tout en alliant leur travail et leurs passions dans la mode éthique. Et que moi à côté, j’étais une gamine étudiante en free qui n’avait pas accompli de grandes choses.

Je me suis sentie bizarre de vivre des ruptures d’amitié à la chaîne, d’avoir l’impression d’être isolée mais de rencontrer de nouvelles personnes, de vivre de nouvelles choses.

Je me suis sentie bizarre de quitter mon stage qui n’en était pas un et reprendre les cours, de me dire que le temps file si vite et que je commence tout juste à apprécier l’environnement où je suis qu’il faudra déjà le quitter bientôt.

Je me suis sentie bizarre de découvrir l’hypnose. D’admirer les gens et finalement se dire qu’on peut faire pareil. Tâtonner, échouer, réessayer, dans une boucle itérative sans fin.

Je me suis sentie bizarre d’apprendre que Nino le petit veau du refuge était mort de la lèpre. Pincement au cœur et impression de se battre contre l’impossible.

Je me suis sentie bizarre de regarder impuissante les catastrophes qui s’abattaient sur le Mexique.

Je me suis sentie bizarre de rater tous mes gâteaux. Ca n’a l’air de rien mais de tout le mois je n’ai pas souvenir d’en avoir fait un réussi et c’était bien frustrant.

J’ai des projets

abandoned, forest, industry

J’ai passé tout le mois à me répéter en boucle deux phrases en suivant des auto prédictions de sophrologie. « Je suis quelqu’un de bien, je mérite le bonheur, rien ne peut me rendre malheureuse » et « Ho’oponopono » un concept hawaïen qui signifie littéralement « Désolée, pardon, merci, je t’aime ».

Ce mois-ci, j’ai opté pour deux nouvelles phrases « Je veux rencontrer des gens intéressants et connectés, créer du lien et faire de belles choses » et « Wanderlust », de l’allemand « Esprit d’aventure »

J’ai aussi essayé de me fixer des objectifs pour le mois d’Octobre qui consistent à :

  • Ne plus gagner de l’argent à tout prix mais travailler principalement sur des projets intéressants qui ont du sens.
  • Avoir une meilleure routine de réveil et de couché pour être plus détendue et productive.
  • Vivre pleinement un célibat chaste et prendre du temps pour moi
  • Se mettre au yoga doucement mais sûrement
  • Trouver un moyen de continuer à travailler efficacement et faire plus de soirées
  • Rappeler aux gens qu’on aime qu’on les aime et pourquoi on les aime
  • Faire de l’hypnose de spectacle
  • Lire plus de romans en anglais
  • Prendre de jolies photos de nourriture
  • Tenir ce blog à jour plus souvent.

 

 

Bref. Du boulot en perspective, mais ça à l’air cool. Allons-y.

Et vous ? Des objectifs pour le mois d’Octobre ?

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