Il y a exactement deux ans, je me suis réveillé un beau matin avec la folle envie de laisser voler aux vents mes cheveux naturels telle une fière nappy épanouie. Non, bon en fait c’est surtout parce que j’en avais assez de perdre beaucoup de temps et d’argent à essayer d’entretenir désespérément des cheveux qui ne m’appartenait pas.

Avant d’être nappy : comprendre la perception du cheveu noir.

Comme beaucoup de femmes Noires, je portais alors des extensions. J’ai commencé à faire des tissages relativement tôt et j’avais dépensé une petite fortune pour investir dans une lace wig – une perruque en cheveux humains quasi indétectable qui est censé se fondre à votre crâne à la perfection comme s’il s’agissait de vos vraies cheveux.

Et bien c’était de l’entretien. Beaucoup d’entretien. Plein de produits qui coûtent très chers, une désagréable sensation de produits chimiques à longueur de journée –oui, la perruque tient en place grâce à de la colle une sorte de super glue spéciale appliquée à même la peau. Super non ? Et puis la peur de se prendre des réflexions étranges. Esquiver à tout prix les remarques sur les cheveux. Expliquer  aux gens que oui je passe des heuuuures dans la salle de bain pour entretenir ce machin. Ne pas vouloir que son amoureux vous passe la main dans les cheveux au risque de remarquer la supercherie. Se ruiner en coiffeur. Bref. En faire un gros tabou.  Mes cheveux naturels ? Ils n’existaient pas voyons, ils étaient moches, compliqués, capricieux et j’étais incapable de faire quoique ce soit avec. Et je ne parlerai pas de l’exploitation des pauvres filles à qui on coupe les cheveux quelque part en Inde.

Une longue route vers la transition capillaire

Bon. Tout ça pour vous dire que j’ai fait du chemin. Je ne suis pas sûre que cela vaille le coup de vous raconter ma transition capillaire. Parce que quand je me suis finalement décidée à enlever cette perruque, j’avais finalement de très belles longueurs et je n’ai pas été obligée de passer par la case big chop (qui consiste à faire la boule à zéro pour couper entièrement les cheveux fragilisés par les défrisages à outrance).

Donc du jour au lendemain, je me suis retrouvée avec un nuage au-dessus de la tête. Mes cheveux.

Tant de cheveux d’un coup

Et je me suis sentie très seule et incroyablement perdue. Parce que cela peut sembler idiot mais je ne savais absolument pas comment m’occuper de ma tignasse. Toutes les petites filles apprennent à se coiffer un jour ou l’autre. Moi j’ai appris à entretenir des extensions. Livrée face à mes cheveux naturels je n’en menais pas large –et personne dans mon entourage en fait.  J’ai fait comme j’ai pu pour limiter la casse à grands renforts de vidéos sur Youtube et de conseils glanés ça et là par le monde nappy.

Apprendre à se coiffer nappy

Puis j’ai décidé de m’y mettre enfin et de trouver un professionnel. Non parce qu’il faut se l’avouer, les professionnels des cheveux crépus ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. Mes recherches sur internet avaient pour la plupart été infructueuses. Jusqu’à ce que je trouve une mystérieuse annonce de propositions en « Conseils capillaires pour cheveux crépus » postée sur le site Kokoroé. Et j’ai rencontré une super experte du cheveu crépu. En attendant de définitivement monter sa boîte, elle donne des conseils capillaires aux particuliers. Elle m’a accueillie chez elle dans un petit salon de coiffure aménagé. Tout en sourire, elle m’a vraiment donné beaucoup d’astuces dont certaines qu’il me semble primordial de partager avec vous.

LE MATERIEL DE LA NAPPY QUI DEBUTE

Jusqu’à présent j’utilisais un morceau de tissu en guise de foulard et un masque Lush pour cheveux bouclés. Autant dire qu’on ne volait pas très haut en termes de routine capillaire.

  • Un peigne à grosses dents : parce que les cheveux crépus ne peuvent pas, et je vais le mettre en gras pour souligner à quel point c’est important, ne peuvent vraiment pas être peignés avec des peignes classiques. A part se faire mal et casser ses cheveux, on n’arrivera pas à grand-chose. Mieux vaut opter pour un peigne à grosse dents  qui va détendre les boucles en douceurs.
  • Des pinces crocos. Pour séparer ses cheveux en plusieurs sections quand on commence à travailler. Oui, parce qu’essayer de coiffer son énorme masse de cheveux sans les avoir séparé au préalable ce n’est pas possible. Genre, vraiment. Ne cherches pas, c’est beaucoup trop difficile.
  • ‍Des petites épingles à cheveux, efficaces pour fixer toute sorte de coiffures protectrices qui vous permettront de protéger vos cheveux  certains jours de la semaine tout en restant admirablement bien coiffée, fraîche et pimpante.
  • ‍Une taie d’oreiller en satin ou en soie. Alors si vous voulez, vous pouvez opter pour le foulard en soie. Moi il me donne l’impression de ressembler à une grand-mère alors j’ai trouvé une taie d’oreiller en satin. Le coton est une matière très absorbante. En utilisant une taie d’oreiller normale en coton, vous desséchez votre fibre capillaire même si vous y avez appliqué une tonne de produits avant de dormir.
  • Un vaporisateur d’eau. Oui parce qu’il faut hydrater ses cheveux tous les jours ou tous les deux jours minimum. C’est un peu comme une plante en fait. Bien sûr, la procédure est à éviter si vous faîtes un twist-out au risque de casser vos boucles.
  • Une huile. Pratique pour sceller l’hydratation. Sinon l’eau que vous vaporisez s’évapore tout bêtement. – Personnellement Marie-Laure m’a conseillé de choisir une huile en fonction de la porosité de mon cheveu. Le test est très simple. Coupez un cheveu et mettez le dans un grand verre d’eau puis attendez quelques minutes. Si le cheveu reste à la surface il est très faiblement poreux. S’il coule c’est qu’il est très poreux. Plus le cheveu est poreux, plus il faut lui appliquer une huile riche qu’il absorbera bien.

Dans mon cas, comme j’ai le cheveu très peu poreux, on m’a conseillé une huile légère comme l’amande douce ou la jojoba.

En tout et pour tout, j’en ai eu pour 60 euros. Sur le coup mon porte-monnaie d’étudiante a pleuré puis je me suis rappelé qu’il s’agissait d’un investissement. Pour les accessoires et l’après-shampooing j’ai été chez Colourful Black près du métro Bonne Nouvelle, sur Paris. Et pour les huiles j’ai été chez Aroma Zone à Odéon.

TEST DE ROUTINE CAPILLAIRE NAPPY

J’ai suivi pendant un petit moment cette routine capillaire avant d’en trouver une nouvelle suite à mon passage chez Basic un salon de coiffure nappy. Je vous la note ici si jamais cela peut vous inspirer mais sachez que chaque routine est unique selon les types de cheveux. Je verrais moi-même si celle-ci me convient au fil des jours.

  • Se laver les cheveux une fois par semaine avec du co-wash
  •  Avant de les laver, appliquer un masque qui mélange de l’après-shampooing, de l’huile essentielle et une huile très riche. Pour ma part, je teste l’après-shampooing Alikay Naturals qui comme son nom l’indique ne contient que des produits naturels, de l’huile d’eucalyptus pour ses vertus désinfectantes et de l’huile d’avocat. Le masque doit être posé entre 20min à 1h. Et il faut s’enrouler la tête avec du film étirable –oui, oui, vous avez bien lu- pour condenser la chaleur et permettre aux écailles du cheveu de se dilater pour mieux absorber le produit. Bon. Avoir la tête enroulé dans du film étirable ce n’est vraiment pas glamour. Mais moi j’en profite pour faire un peu de rangement dans ma chambre à lire un bouquin.
  • S’hydrater les cheveux tous les jours en se vaporisant de l’eau le matin et en appliquant immédiatement après une huile pour bien sceller l’hydratation.
  • Faire et refaire des coiffures protectrices. Même si on adore son afro ou ses twist-out, on m’a déconseillé de les laisser nu tous les jours. En fait, mon passage chez Basic m’a apprit le contraire, donc sur ce point, je vous conseillerai de faire comme vous le sentez

 

Ca c’est ma routine du moment.. Clairement je ne suis pas une experte du mouvement nappy et vous trouverez pléthore de Youtubeuse plus douées que moi pour vous donner des conseils. Mais j’imagine que ces quelques indications ne peuvent pas faire de mal. Et j’attends les vôtres en commentaire !

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