raton reveur blog mood novembre

Prendre le temps pour soi. C’est tout bête, ça n’a l’air de rien. Mais prendre le temps de regarder derrière soi, de se demander si on a réussi à atteindre ses objectifs, ses envies, ses rêves. Dépasser ses peurs, apaiser des douleurs. Si on a grandi un peu à sa façon en l’espace de quelques mois. C’est un peu l’occasion de voir le soi d’il y a deux mois et de lui dire  » Tu ne t’attendais absolument pas à tout ce qui allait se passer. Mais ça va vraiment se passer. » Focus sur la rétrospective.

Tout petit vieux raton

J’ai fêté mes 21 ans à la fin du mois d’octobre. Et c’est un sentiment bizarre. Plus jeune, j’ai toujours caché mon âge. J’avais honte d’avoir 18, 19 ou 20 ans. Je me sentais trop jeune. Trop jeune pour être prise au sérieux. Je suis entrée dans la vie d’adulte assez tôt. A seize ans, avec mon premier appart, les premiers boulots, la vie de grande personne dans ses joies, souvent dans ses peines. Et c’était difficile. Mais le plus difficile, c’était de devoir expliquer aux gens qui m’entouraient que mon âge ne voulait absolument rien dire. Cette sensation de vouloir faire ses preuves. De ne pas se sentir à sa place. Une patte dans chaque monde. Ni vraiment encore enfant, ni tout à fait déjà adulte.

Ce mois-ci, j’ai changé d’âge et ça m’a pris à la gorge assez subitement, sans prévenir. Pour la première fois, j’ai connu le double sentiment bizarre d’être heureuse et d’avoir peur de vieillir. J’ai côtoyé tant de personnes qui m’ont félicité pour mon âge, qui ont regrettés leurs vingt ans. Ca m’a fait mal. Aux tripes. Sans comprendre. Ce mois-ci j’ai eu mal.

J’ai eu mal de douleurs parfois diffuses, parfois aiguës. De douleurs d’angoisse dans le ventre. De gorge un peu serrée et d’envie de vouloir se raccrocher à quelque chose. Mais j’ai aussi appris quelque chose.

Chaque petite douleur permet de réaliser à quel point tu es vivant.

J’ai eu mal, toute seule en boîte, à me demander très sincèrement ce que je faisais là dans l’obscurité, la foule et une musique inconnue. Accoudée au mur avec la seule envie de vouloir ouvrir les yeux et être ailleurs. Et à rester à pleurer comme un chat perdu j’ai rencontré un groupe de gens les plus lumineux qui sont devenus de chouettes amis que je n’aurai sans doute pas croisés autrement.

J’ai eu mal recroquevillée en position foetale sur mon lit, au téléphone avec ma mère à parler de ma dernière régression en auto-hypnose. Le visage plein de larmes et l’esprit embué de souvenirs d’enfant. J’ai pu lui répéter en boucle à quel point je l’aimais, à quel point ça faisait mal parfois de vivre toute seule et de ne plus être enfant dans l’odeur d’eau de cologne de ses écharpes. Et ça faisait du bien de le dire.

J’ai eu mal tout plein d’autres fois ce mois-ci. Mais c’est parce que j’ai eu mal que je suis capable de dire aussi à quel point je me suis sentie bien. Il y a des hauts, des bas, des entre deux. Ma vie est en encéphalogramme mouvementé et je trouve ça cool.

Toutes les émotions sont magnifiques

J’ai longtemps essayé de lutter contre mes émotions. A fleur de peau, soupe au lait, hypersensible. Appelez ça comme vous voulez. Je me sens retardateur électrique, prête à rire aux éclats ou à fondre en larmes à tout moment. Je ressens mes émotions comme des vagues, des raz-de-marées insurmontables contre lesquels il ne sert à rien d’ériger des barrières. Alors j’assume. Ce mois-ci, j’ai décidé de m’écouter. De m’enfermer dans des toilettes en soirée pour pleurer un coup si je sens que je vais pleurer. De prévenir les gens quand « Là tout de suite, ça ne va pas, je suis vraiment énervée, je risque de hausser la voix, je suis désolée d’avance, ça va passer. Je vais crier dans un coussin. Laisse moi du temps. » De dire tout haut quand je ne suis que joie, paix et harmonie et que j’ai envie d’irradier un sentiment d’amour universel.

Personne ne sait ce qui se passe dans ma tête. Alors la seule façon la plus pertinente de s’exprimer est parfois de verbaliser, de ne pas garder les choses pour soi. C’est plus simple pour tout le monde et la vie est plus limpide. On devrait tous essayer de mettre un mot sur ses émotions et de le dire à voix haute. Sans tabou et avec précision. Dire « je suis énervée, je suis angoissée, je suis abasourdie, je suis galvanisée. » Mettre un mot sur quelque chose, c’est reconnaître son existence.

Accepter ce que les autres pensent de soi

Le regard des autres ? On dit souvent qu’il ne faut pas s’en soucier. Plus difficile à dire qu’à faire. Et finalement, c’est peut-être encore plus compliqué quand les autres vous disent des choses positives. Accepter ce que les autres pensent de soi, c’est aussi accepter les compliments. «  Tu as tellement de chance de vivre avec Cléa, ça doit être motivant au quotidien », » Je n’arrive pas à croire tout ce que tu as déjà fait à ton âge » Tout ça, c’est des toutes petites phrases. Mais c’est des toutes petites phrases qui ont un impact.

Avec ma colocataire, on a décidé d’accepter les compliments. D’arrêter de répondre par des « mais », des « oh tu sais », « non, chut tais-toi, c’est rien ». Et de dire juste Merci (prénom). Et sourire. Et c’est tout. C’est difficile d’enlever le « mais » de son langage. Faites le test pendant deux heures. Remplacez chacun de vos « mais » par des « et ». Vous verrez que vous aurez une vision différente sur plein de choses.

Ce double sentiment d’angoisse et d’excitation

Celui qu’on ressent à l’approche des grands départs. C’est comme si tous les petits moments ici étaient comptés et qu’ils allaient disparaître. Bien sûr, ce ne sera pas pour toujours. Mais ce sera pour longtemps. Je ne sais pas vraiment à quoi ressembleront les choses à mon retour. Et quand bien mêmes je retrouverai les mêmes personnes, le contexte n’aura plus rien à voir. Alors j’ai eu envie de m’accrocher à chaque instant. Chaque éclat de rire, chaque moment passer à cuisiner à la coloc, à tricoter sur le canapé, à écouter le chat ronronner sur mon ventre. Chaque passage connu par coeur dans le métro, chaque nom de rue, chaque visage. Chaque moment où tu rentres le soir dans le loft vide et où tu enlèves ta veste. Chaque moment du matin où tu t’extirpes de ta couette dans cette chambre qui est la tienne et qui ne le sera bientôt plus.

Je pars. C’est des cartons, du tri, des choses à jeter le coeur serré, des lieux où aller et des choses à faire en se disant « Allez, après ce sera trop tard ». C’est de la paperasse, encore de la paperasse et des rêves pleins la tête. C’est des billets d’avion, des vaccins, des histoires sans lendemain.

Se lever le matin c’est écrire une nouvelle page

Je pars dans un mois tout pile. Pour un an plus ou moins. Ceux qui m’ont suivi sur Instagram savent que je vais aller travailler dans une réserve naturelle en Indonésie puis que je serai en semestre universitaire à Melbourne en Australie. J’annonce également que je vais suivre une formation en hypnothérapie au Québec.

J’écrivais dans ma dernière rétrospective que j’avais envie de me mettre à l’hypnose. Je l’ai fais. Et je suis tombée amoureuse. Hypnotiser quelqu’un est à la portée de tout le monde. Je répète, de vraiment tout le monde. Si vous voulez apprendre, lisez des livres, vous vous apercevrez que c’est d’une facilité déconcertante. L’auto-hypnose est un phénomène encore plus intéressant et étrange. Je ne sais pas dans quelle mesure ça intéresse des gens, j’écrirai peut-être un article sur la question.

Je réfléchissais depuis quelques temps à avoir une formation complémentaire à mon master en management numérique, même si j’adore travailler en tant qu’étudiante freelance. L’hypnothérapie est tombée comme une évidence. Et le Québec est réputé pour avoir d’excellentes formations. Je vais donc arrêter de faire de l’hypnose de spectacle et étudier pour pouvoir ouvrir un cabinet. Pas sûre de le faire dans les prochaines années, mais je veux avoir mon diplôme en poche.

 

Voilà. Un article déjà bien long qui explique ce qui se passe dans la vie dernièrement ! En tout cas, c’est une vraie joie de voir que grâce à ce blog j’ai pu rencontrer des personnes fabuleuses dans la vraie vie. Et écrire, pour soi, pas pour un client, ça fait tout de même un bien fou.

Oh. Et je dis ça, je dis rien, mais j’ai commencé à enregistrer des marchés parlés sur Soundcloud. Parce que j’aime bien parler.

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