Qui est le Millenial ? Pourquoi diable cette génération ne comprend absolument pas ce qu’on lui demande ? Ils réagissent de façon imprévue et vindicative, se murent dans le silence et sont sensibles à la critique. L’arrivée des Millenials dans le monde de l’entreprise n’est généralement pas de tout repos.

Etudiante en management numérique à la Web School Factory et au RMIT de Melbourne, le management des diversités culturelles, j’en entends beaucoup parler.

Travailler avec les Millenials, mission impossible ?

Ils sont nés entre 1980 et 2002, on les dit « multi-tâches », toujours prêts à travailler en équipe et pourtant incapables de prendre des décisions autonomes.

Ils sont avides de feedbacks et de reconnaissance et les perçoivent comme des facteurs de réussite. Ils détestent les critiques et se montrent très agressifs lorsque leur travail est remit en question.

Ils sont persuadés de ne pas avoir besoin de « devoir quelque chose » à une entreprise lorsqu’ils prennent leur poste, confiants et optimistes. Ils ont la fâcheuse tendance à démissionner facilement et sont incapables de se projeter sur du long terme ce qui pousse des questions sur leur loyauté et fait craindre d’investir dans leur recrutement.

Ils aiment les structures et ne supportent pas l’ambiguïté, ils exigent un meilleur équilibre entre leur vie professionnelles et leurs responsabilités sociales. Ils se voient comme indispensables.

Ils considèrent la technologie comme une extension d’eux-mêmes. Elle les définit dans ce qu’ils font et dans ce qu’ils sont.

Bref. Le Millenial est un sacré phénomène quand il se confronte au monde professionnel et à la génération du dessus.

Comprendre les différents styles de communication pour travailler avec les Millenials

La communication est un process interactif, un échange bilatéral. Trouver le terrain d’entente entre deux styles de communication et reconnaître que les autres peuvent avoir des styles de communications différents est l’une des meilleures façons de simplifier les dialogues et éviter les décalages. Dans ce cas de figure, les Millenials peuvent apprendre à se concentrer davantage sur leur interlocuteur et moins sur eux-mêmes ou sur leurs médias technologiques.

Style-typing et style-flexing, définition

Très en vogue dans le management australien, les définitions du style-typing et style-flexing sont utilisées pour résoudre des problèmes de communication et désamorcer les tensions au sein d’un groupe.

Le style-typing – est une technique utilisée pour comprendre les types de communications qui nous entourent. L’art d’une conversation réussie, selon le style-typing, consiste à être capable de reconnaître les principales grandes tendances de communications chez soi et chez les autres.

Le style-flexing – s’articule autour du concept de réciprocité. Lorsqu’on commence à réaliser qu’une personne possède un style de communication différent, il devient nécessaire de modifier son style dominant afin d’être sur la même longueur d’onde.

  • Tout le monde utilise un mélange de styles de communication
  • La plupart des gens ont un style de communication dominant
  • Les styles représentent des comportements observables et identifiables
  • La plupart des personnes sont plus à même d’engager une conversation efficace avec des styles qui correspondent à leurs styles dominants
  • Il est possible d’altérer le style d’un individu pour l’adapter à d’autres styles
  • Il n’existe pas de meilleur style de communication.

La plupart des gens ne se posent pas nécessairement de questions sur leur style de communication favoris. Ils partent du principe que ce dernier existe en tant que tel et est valable pour tout le monde. La plupart des mésententes viennent d’un décalage de style de communication. Elles sont très fréquentes lorsqu’on essaye de travailler avec des Millenials. L’expérience montre que ces derniers apprennent, non seulement en prenant connaissance des différents types de communications, mais aussi en voyant leur entourage varier les types de communication.

Les différents styles de communications

Analyste – un Analyste aura tendance à rester en arrière plan sans être ni assertif, ni réactif. Sérieux et vigilant, il est à la fois très indécis et impersonnel. Généralement, l’analyste travaille par tâches. Il a davantage tendance à poser des questions en pourquoi  » Pourquoi est-ce qu’on fait ça comme ? Pourquoi on utilise ce système ?  » Le rôle de l’analyste est de mieux comprendre le système pour travailler avec. Sous la pression, les Analystes ont tendance à se retirer dans leurs zones de conforts. Cette dernière concerne généralement des faits et des chiffres.

Proactif – Le Pro-actif est un spécialiste du contrôle. Il est très assertif et n’est pas sensible aux différents points de vue qui l’entourent. Il est généralement déterminé et efficace mais peut aussi donner l’impression d’être agressif et trop demandeur. Les Pro-actifs ont également tendance à travailler par tâches. Ils posent souvent des questions en « Quoi « ,  » Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Quel est le but de ce plan ?  » Il est très axé sur les résultats. Quand il est stressé, il a tendance à donner des ordres et hausser le ton.

Amical – Respectueux et dépendant, l’Amical a tendance à être très émotionnel et peu à même de suivre des règles. Il attache une grande importance aux relations humaines. Il pose souvent des questions en qui  » Qui a décidé de ça ? A qui tu pensais quand tu as écris ça ?  » L’Amical essaye toujours de coopérer. Sous la pression, il se conforme facilement aux règles.

Expressif – l’Expressif met les objectifs en priorités. Il pose souvent des questions en comment  » Comment allons nous faire pour atteindre les objectifs ? » « Comment allons nous tenir les délais ? » Il cherche souvent à créer des alliances et n’hésite pas à être agressif et attaquer frontalement lorsqu’il est stressé.

Alors que se passe-t-il lorsqu’en situation de stress, un style expressif rencontre un style pro-actif ? Le ton monte, les deux parties s’obstinent et finissent par se hurler dessus. Lorsqu’un amical rencontre un analyste, la situation stagne et s’emmure dans un silence morbide. D’où l’importance de pouvoir modifier son style de communication. En entreprise, la situation peut parfois prendre des tournures dramatiques. Le Millenial, avec ses certitudes, a souvent du mal à imaginer que son interlocuteur peut avoir une communication différente. Il n’est pas rare de le voir prendre tout personnellement et très à coeur.

Style-flex, communiquer pour travailler avec les Millenials

La communication est une histoire qui se vit à deux. La situation s’est envenimée et vous n’arrivez plus à adresser la parole à votre alternant ou votre stagiaire ? Vous sentez une tension montante qui rend l’ambiance de votre freelance étudiant tout à fait insupportable ? Inspirez un grand coup. Prenez du recul. Rappelez-vous que la personne que vous avez en face de vous, aussi perspicace et douée soit-elle, n’a pas 30 ans. Et qu’elle se comporte en enfant.  Le plus simple pour modifier son style de communication consiste à se placer du point de vue de la personne qui pose la question.

Vous communiquez avec un expressif ? Exprimez-vous en mettant les relations en avant. Au lieu de refuser catégoriquement une idée, essayez de dire « J’aime bien ton approche, mais je vais voir ce qu’en pense les autres avant de la lancer ».

Un analyste ? Demandez une explication théorique qui le confortera dans sa zone de confort et le poussera au dialogue « Pourquoi as-tu analysé ça de cette façon ? »

Un pro-actif ? Concentrez-vous sur les tâches à accomplir. «  En quoi est-ce que ton idée va affecter notre retour sur investissement ? »

Un amical ? Mettez l’accent sur le développement interpersonnel. « A ton avis, qu’est-ce que les autres vont poser de cette proposition ? »

Ajustez également votre rythme à celui de votre interlocuteur. Un amical ou un analyste aura tendance à prendre plus de temps pour donner une réponse ou prendre une décision alors qu’un expressif ou un pro-actif vous laissera à peine le temps de réagir.

Rétablir la communication pour travailler avec les Millenials

Les entreprises actuelles font face à un challenge de taille : comprendre et intégrer les Millenials au monde du travail. Cela ne passera pas sans des efforts des deux côtés. Comprendre des différences structurelles de communication est le meilleur moyen d’éviter des malentendus et de simplifier les rapports.

Oui, en tant que Millenial, on a l’âme bravache, on croit tout savoir, on est insupportables.

Non, nous n’avons pas peur de tomber cent fois et de foncer droit dans un mur.

Oui, on se moque complètement des conseils et on a envie de saisir nos rêves.

Oui, on fait peut-être très « jeunes blancs-becs ». Mais on ose. On sait se dépasser, on sait aller plus loin. On a envie de tout casser à la pioche et de créer un monde qui nous ressemble.

A vous d’entendre. A vous de vous faire entendre. Si on est plutôt doués pour parler haut et fort, on demande aussi à écouter.

Parce qu’au fond, on est encore tout enfant. On a nos rêves. Nos peines. Nos joies. Nos peurs.

On n’a jamais demandé à casser le pont de la communication. La barrière digitale s’est érigée malgré nous. A vous de voir. Faire un pas des deux côtés. Mieux s’entendre. Se retrouver.

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Sources :

OPTIMIZING MILLENNIALS’ COMMUNICATION STYLES
Jackie L. Hartman, Kansas State University – Jim McCambridge, Colorado State University

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