Quand j’ai compris l’impact de ma consommation de produits de beauté, j’ai tout remis en question.

Tu sais, il y a trois ans, j’ai fais le pari de vivre un an sans poubelles. Et j’ai réussi. Ca m’a permis de repenser entièrement mon mode de consommation et de me poser des questions pointues sur l’impact des petits gestes. J’en suis revenue. Et j’ai la sensation d’avoir une visibilité différente sur certains plans : pourquoi est-ce que chercher à mieux consommer est parfois l’ennemi du bien.

Quand j’ai capté l’impact de ma consommation de produits de beauté sur l’environnement, j’ai tout remis en question et je suis passée par plusieurs phases :

Greenwashing zéro déchet : le « je vais me pencher sur les marques engagées »

Typiquement, à l’époque j’avais la sensation que la plupart des marques de cosmétiques étaient cracra et que même si le flacon était vert, on nous vendait pas mal de perturbateurs endoctriniens à prix coûtant. J’ai découvert Lush et j’ai plongé à l’intérieur corps et âme. Je me disais que c’était tout bénéf : ça sentait bon, c’était joli, les ingrédients avaient l’air clean et surtout la marque semblait méga engagée sur plein d’aspects politiques.

Puis un jour on m’a dit que c’était du greenwashing et que tout n’était pas aussi clean que ça. Que les communications étaient peut-être plus jolies que la réalité. Bref, on m’a fait douter. Et comme je doutais pas mal de tout, je suis passée à la phase suivante.

Greenwashing zéro déchet : le « je vais tout faire moi-même »

Qu’à cela ne tienne, si les cosmétiques que les industriels nous vendaient étaient nuls, il suffisait de tout produire soi-même pour aller mieux. J’ai eu une bonne grosse phase Aromazone. Tu sais, ce site internet où on peut trouver tous les ingrédients de bases pour faire des crèmes, des déos, des baumes et du shampoing. Bref, une vraie caverne d’ali baba.

Le problème ? Il faut souvent plusieurs flacons pour réussir à faire un produit, qui est souvent plus ou moins réussi et à part le côté « je l’ai fais toute seule avec mes petites mains » c’est pas le truc le plus satisfaisant au monde. Greenwashing Aromazone.

Greenwashing zéro déchet : le « les cosmétiques ne servent à rien »

Je suis devenue une personne plus ou moins aigrie des cosmétiques. Dans ma quête du zéro déchet parfait, j’avais fini par me dire qu’on en avait absolument pas besoin et que c’était une invention capitaliste pour nous faire dépenser des thunes. La seule chose que je faisais c’était acheter du beurre de karité au kg dans une petite coopérative pour hydrater ma peau sèche.

Et niet pour le reste. Le parfum. Le déo. Même le savon – j’ai passé un mois sans savon et j’allais bien. Et je pense que j’allais bien mais que j’étais énervée au quotidien par à peu près tout et n’importe quoi. Je n’en pouvais plus du système. Et en même temps j’avais envie de continuer à vivre dedans, je ne me voyais pas tout plaquer et partir à la campagne. J’étais juste en colère contre mes potes parisiennes et leurs spray pour le visage.

 

Trouver son juste dans le milieu dans le greenwashing zéro déchet

Je pense que c’est vraiment la question qu’il faut se poser. Moi après avoir vécu toutes ces phases puis un confinement qui m’a mis un sérieux coup au moral et fait plonger dans un état dépressif, j’ai fini par capter que le self care était une forme de prendre soin de sa santé mentale. Et que c’est ok pour moi de craquer sur des choses raisonnables. Loin d’être parfaites. Mais raisonnables.

Alors je me suis remise à Lush. On a un mini rituel avec un amoureux, on y va tous les mois, on prends des boules pour le bain même si ça ne sert à rien que faire joli. Même si ce n’est pas utile. On prends du savon solide et des masques frais pour le visage, même si on pourrait les faire nous même si on en avait envie.

Un peu par flemme. Et aussi un peu par ras-le-bol. Ras-le-bol de la conscience écolo parfaite. Il y a des jours où j’ai envie de dire « je l’ai fais, j’ai été jusqu’au bout du truc, j’ai fais une fucking année sans poubelle. Ca m’a fait grandir, ça m’a fait prendre conscience de plein de choses. Et de mes privilèges et de ma santé mentale et des limites de nos petites actions de colibri face à une destruction systémique. »

Greenwashing, c’est ok de ne pas taper sur les doigts des personnes qui font des efforts

Il y a une sorte de pureté militante qui aime à faire croire que si ce n’est pas parfait ça ne vaut pas la peine d’être fait. Qu’il faudrait s’adonner corps et âme à une cause et être irréprochable pour se sentir légitime.

Perso j’ai la flemme de ça en ce moment.

Lush, ça sent bon, c’est quand même bien fichu, ça fait ce que ça peut pour donner une partie de ses fonds à des causes nobles. Les 3/4 des entreprises ne font pas cet effort. Et on est encore là à critiquer, encore et toujours. Non, tous les produits ne sont pas parfaits. Et je pense qu’une consommation éclairée c’est être en mesure d’avoir conscience de ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Et faire ses propres choix en conséquence.

C’est ok. Ce que tu fais est ok. Tes attentes sont ok. Tes projets sont ok. Tu es une personne ok. Tu chemines à ton rythme comme tu veux et où tu veux.

Et tu sais quoi : t’es pas parfait.e même si tu as l’impression de l’être. Et on s’en tape. En fait.

Je t’envoie du love.

 

Si tu veux creuser auprès d’une nana qui n’as pas jetée l’éponge du zéro déchet, va voir Charlotte de Naked with Label, cool meuf.

Si tu veux l’adresse de mon beurre de karité au kg (à un prix défiant toute concurrence) envoie moi un DM sur Insta à @dreamingraccoon ou un mail à ratonreveurblog@gmail.com, je te passe volontiers mon contact

 

Share: