naissance traumatique

Parfois, on va à l’hôpital. Pour un accouchement, pour une PMA, pour une conisation. Peu importe. On a envie d’y aller. Ou pas. Mais on y va.

Parfois ça se passe comme une lettre à la poste et c’est génial. Parfois ça nous laisse un souvenir bizarre et désagréable. Parfois ça nous a tout à fait angoissé et créé un traumatisme.

Qu’est-ce qu’un traumatisme ?

Si tu as lu mon article sur le PTSD, tu sais qu’un traumatisme est un moment dans lequel le système nerveux a été dérégulé et n’a pas pu revenir à son état normal. Plutôt qu’avoir la possibilité de se battre ou de fuir, il dissocie et les événements qui se déroulent sont emmagasinés dans la mémoire traumatique. En gros.

Pourquoi un évènement à l’hôpital peut créer un traumatisme ?

Parce que l’hôpital nous laisse parfois dans des situations qui ne semblent pas normales pour notre système nerveux mais qui ne nous laisse pas d’autre choix qu’être là et faire avec.

Je ne suis pas en train de dire que tous les professionnels de santé sont de vilaines personnes horribles qui nous font du mal. Pas du tout. Je pense que c’est parfois une histoire de contexte même si tout le monde fait au mieux.

Exemple de situations traumatisantes :

Lou est à l’hôpital pour son accouchement, iel a une péridurale et ne sent plus trop le bas de son corps. Mais iel a l’impression qu’un soignant appuie au niveau de son rectum pour aider à faire sortir le bébé. Iel se sent très mal à l’aise et n’ose pas en parler. Régulièrement, la sensation resurgit dans son esprit et provoque un malaise qui ne s’en va pas.

Clara doit faire une opération gynécologique sous anesthésie générale. Elle fait une crise d’angoisse au bloc opératoire. On l’attache à la table et on lui injecte une anesthésie alors qu’elle est toujours en état de panique, incapable de faire quoique ce soit. A son réveil, elle est encore très bouleversée et en fera des cauchemars plusieurs nuits de suite.

Matéo voit sa partenaire partir pour une césarienne d’urgence. Dans la panique, il est très peu informé sur la situation et imagine le pire pendant plusieurs heures. Le personnel essaye de le rassurer et lui dit qu’il exagère et que c’est une petite nature. Plusieurs mois après à chaque fois qu’il voit la cicatrice il ne peut pas s’empêcher de se mettre à pleurer.

Ce sont autant d’exemples dans lesquels personne n’a été fondamentalement « méchant ». Pourtant, ça crée des marques dans l’inconscient de la personne et elles restent plusieurs mois après.

A quoi bon parler d’une situation traumatisante ?

On a souvent tendance à croire qu’il faudrait parler des choses qu’à partir du moment où elles sont très graves. Mais le très grave commence à un endroit différent en fonction des personnes et il n’y a pas de gradation de la souffrance.

Moins on parle d’une situation traumatisante, moins bien elle « cicatrise ». L’événement reste bloqué dans la mémoire traumatique et ressurgit de façon inopinée, via des éléments déclencheurs (bruits, odeurs, sons, apparences, situations etc…) ou des reviviscences (pensées intrusives, cauchemars etc…). A terme, ces éléments provoquent des PTSD, syndrome du choc post traumatique.

Parler d’une situation traumatisante, quelle qu’elle soit, l’aide à cicatriser plus vite.

A qui parler d’une situation traumatisante à l’hôpital ?

Il est possible d’écrire une lettre au service des usagers. Cette lettre sera lu par l’administration de l’hôpital. On peut y indiquer comment on s’est senti et les changements qu’on aurait préféré avoir. Un peu comme un service client. 

On peut aussi écrire une lettre quand tout s’est bien passé hein ! Tout le monde aime recevoir des feedbacks sur son travail. Parler au service des usagers permet également cela.

Pour que la lettre soit la plus organisée et compréhensible possible, il peut parfois être intéressant de demander de l’aide à une doula. Cette dernière pourra aider à recueillir le récit, l’émotion associée et à retranscrire les faits dans une lettre.

Les doulas ne sont pas psy. Si vous allez mal et que vous avez un syndrome de choc post traumatique, allez voir des thérapeutes spécialisé.es en psychotraumatologie !

Comment écrire une lettre au service des usagers ?

On ne s’improvise pas accompagnant.e dans les domaines de la traumatologie ! A l’heure actuel, des ateliers de réflexion entre doulas et thérapeutes sont en construction de façon à réaliser des protocoles les plus sécurisants possibles pour les personnes. Ces derniers feront l’objet d’un autre article.

Besoin d’en parler ? N’hésite pas à prendre rendez vous avec une Doula

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