Holà doux raton,

J’espère que ça va. Moi ça va. Je te parle peu des sports que je fais mais un peu quand même. Cette année je me suis remise à la danse. Mais pas n’importe quelle danse. Je fais de l’effeuillage burlesque. Je danse toute nue.

Du burlesque ? Mais c’est quoi ?

L’effeuillage burlesque c’est de la danse à la frontière entre le théâtre et les chorégraphies très travaillées. Le tout dans une ambiance généralement glamour et  sulfureuse. Comprend par cela que nous sommes souvent en talon et porte-jartelles et que le but final de la choré c’est de se déshabiller. On ne fini jamais à poils. Pudeur oblige. Généralement c’est plutôt culotte et cache-tétons (car le téton féminin est politique, youhouuu). Je te résume le truc de façon très brute de décoffrage, mais le burlesque c’est bien plus que ça.

De la confiance en soi à l’état pur

Il y a se déshabiller sur scène et se déshabiller sur scène. Bien sûr tu peux faire ça en mode petite souris perdue et très gênée. Mais on aura un peu l’impression qu’on t’aura forcée. Et c’est pas  du tout sexy une fille forcée. L’effeuillage dans le burlesque, c’est jouer sur les codes de la féminité et prendre son pied. Ma prof a tendance à résumer ça en « c’est comme faire une passe pour un client, mais on le fait juste pour nous ». Juste le plaisir de se regarder, de se sentir regardée, de se savoir belle et d’être inaccessible. Sur la scène, comme dans la vie, on ne peut pas toucher aux shows girls. Déjà, parce qu’il y a vingt mille gars de la sécurité qui rôdent. Et aussi parce que la beauté du burlesque, c’est de vendre du rêve imaginaire. On s’appartient à soi et avant tout à soi. Il ne se passe rien d’autre que la choré sur scène.

Donc en effeuillage, on apprend pas mal à ré-apprivoiser  son corps. T’es pas fière de tes gambettes ? De ta poitrine toute menue ?  De tes cheveux en bataille ? On s’en fou. Toutes les nanas sont sexys. Viens comme tu es. Tête haute et fière. Et même si tu n’as pas la tête haute ni fière, la force du groupe t’aidera à te sentir bien.

Un mot : sororité

L’effeuillage burlesque est un sport qui se pratique entre filles. Et clairement, tu sens que personne n’est là par hasard. Jouer la femme fatale ou la pin-up greluche, casser les codes, s’éclater, ça crée du lien. L’espace d’un instant, tu es libre. Tu as toujours voulu frimer sur des talons aiguilles mais dans la vraie vie tu es plutôt toujours jean-basket ? Tu es libre. Tu es cadre sup’ et tu passes ta journée à jongler sur des dossiers importants mais tu aimerais bien te laisser draguer dans l’archétype de la jeune fragile écervelée ? Tu es libre.

Il n’y a pas de jugement en cours de burlesque. Il n’y a que de l’amour. Que des noms mignons, des chatons, des bichettes, des chouchous. Peu importe l’âge que tu as, d’où tu viens et ce que tu fais. Tu entres dans le gang des pures meufs qui t’accueillent à bras ouverts sous une monticule de froufrous et de paillettes.

Performance, performance, performance

L’effeuillage burlesque est un sport difficile. Très. Très. Très difficile. Voilà, je te le dis là. Parce que j’en ai marre de me prendre des regards un peu graveleux et des haussements de voix dédaigneux en mode « Mah c’est pas pô du sport ». Si, si, si. C’est avant tout de la danse. Donc tu dois assurer des mouvements à la fois cardio et grâcieux, retenir une choré, défoncer tes adducteurs. Essaye de tenir une pin-up pose pendant 15min pour voir, tu verras que ça tire déjà pas mal les mollets. Puis jouer en cabaret, ça veut dire avoir un résultat qui soit le plus beau possible. Sinon, tu ne montes pas sur scène.

Le burlesque m’a fait pleuré. Le burlesque m’a fait peur. Le burlesque m’a fait me dépasser. Je ne compte pas les heures que j’ai passées à répéter des chorés. Les séances de gym pour avoir de meilleurs abdos. Les soirées devant la glace à dégraffer un soutien gorge en comptant les temps, en ne s’emmêlant pas les pieds dans mes talons et en essayant d’avoir l’air chafouin.

Et tu fais tes cours où ?

A l’Ecole des Filles de Joie sur Paris. Un nom un peu provoc qui en fait sourire plus d’un. Il  y a des cours de glamour tous les mardis et jeudis soirs. Pure ambiance, reconnexion avec son féminin, apprentissage de choré. Tu peux passer en coup de vent ou rester toute l’année, c’est toi qui décides. Mais c’est magnifique. Et magique. Vraiment.

Régulièrement, il y a des petits stages pour monter des chorés et on performe dans des bars ou des cabarets. Bref, tu l’auras compris, je te recommande mille fois le burlesque pour t’empouvoirer. Moi, j’en suis tombée amoureuse et ça ne fait que du bien.

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